Elu le 12 décembre 2018 à la tête de l’instance faitière du football camerounais, le fils du sultan roi des Bamoum ne peut se targuer de son premier bilan. Son exécutif aura laissé beaucoup à redire dans la gestion de plusieurs dossiers importants.

Nous sommes le jeudi 12 décembre 2019 et cela fait un an jour pour jour que Seidou Mbombo Njoya avait été porté à la tête de la Fédération Camerounaise de football à la suite de l’élection tenue au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo. Il était élu avec 46 voix contre 17 pour son principal challenger Joseph Antoine Bell et 3 pour Daniel Mongue Nyamsi. Le Prince Bamoun bénéficiait du soutien l’ancien capitaine des Lions Indomptables Samuel Eto’o et de Maitre Dieudonné Happi, président du Comité de Normalisation installé par la FIFA après le débarquement de l’exécutif mal élu de Tombi A Roko Sidiki, pour entrer autres gérer les affaires courantes et organiser ces élections.

Même si son élection intervenait dans un climat tendu alors que Maitre Dieudonné Happi ne faisait rien pour cacher son parti pris malgré l’impératif de neutralité que lui commandait son poste, Seidou Mbombo Njoya avait tout de même présenté un projet séduisant axé sur des réformes allant dans le sens de la modernisation de la gestion du football camerounais et surtout l’instauration de la transparence dans les activités de  l’institution dont il obtenait la charge. 12 mois après, il faut peut-être encore attendre avant de voir les toutes premières promesses se réaliser. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette première année d’exercice a été pour le moins tumultueuse et la gestion de ses premiers dossiers importants a vite fait de susciter le doute quant à  la capacité de l’ancien directeur de cabinet d’Issa Hayatou à apporter la solution attendue par les acteurs du football pour relever cette discipline.

Tenez par exemple, la gestion du dossier de l’équipementier des Lions Indomptables. Le Président de la FECAFOOT n’a pas pu négocier un renouvellement de contrat avec la firme allemande PUMA malgré le statut de champions d’Afrique des Lions qui pouvait être utilisé comme un puissant atout. S’étant retourné vers le français Le Coq Sportif, il n’a jusqu’ici pu obtenir qu’un memorandum of Understanding (MOU) avec cette dernière. Annoncée à maintes reprises, la signature du contrat avec l’équipementier français n’a toujours pas été effective.   Résultat des courses, en panne d’équipements, l’instance faitière du football camerounais continue de recourir aux équipements PUMA  pour alimenter les différentes sélections. Lors de différentes compétions et autres stages, il n’est pas rare aujourd’hui de voir les deux marques cohabiter, témoignant d’un amateurisme qui ne se voile plus. Voyant l’image dégradante que cet état de chose renvoit sur le Cameroun, le Ministre des Sports et de l’Education Physique Narcisse Kombi Mouelle a récemment saisi la fédération  d’une demande d’explication. Si la FECAFOOT annonce finalement la signature du contrat avec le Coq sportif pour le 10 janvier prochain, il faudra peut-être comme Thomas, voir avant d’y croire.

Résultats

Sur le plan des résultats sportifs, le Cameroun  n’a pas été gâté lors de la première année de présidence de Seidou Mbombo Njoya malgré sa participation à plusieurs compétitions. Au Mondial féminin en France, les Lionnes n’ont pu faire mieux qu’en 2015 au Canada où elles sortaient en huitièmes de finale. Les Lions séniors, champions d’Afrique en titre sont revenus de la CAN Egypte 2019 la queue entre les jambes, leur parcours s’étant arrêté au second tour (huitièmes de finale). Les Lions espoirs de Rigobert Song n’ont pas dérogé à la règle, éliminés dès le premier tour de la CAN en Egypte. Seule trace de lumière dans ce tableau sombre, la victoire ramenée par les Lions U17 de la CAN Tanzanie 2019. Une victoire aussitôt gâchée par la débâcle à la Coupe du Monde de la catégorie au Brésil où le Cameroun payait le prix de sa très mauvaise préparation en sortant au premier tour (trois matches, trois défaites). Le limogeage de Thomas Libih a également été une tâche sombre de la première année de Seidou Mbombo Njoya, celà ressemblant beaucoup plus à une petite rancune du président de la FECAFOOT à l’égard d’un entraineur qui lui a souvent tenu tête. L’on n’oublie pas les problèmes de primes qui ont secoué nos différentes tanières notamment avant le départ des Lions à la CAN 2019 ou à la suite du sacre des U17 en Tanzanie au mois d’avril.

La mise sur pied de différentes ligues (Ligue de football Jeunes, Ligue de football féminin) pouvait être un point positif. Mais elles tardent à montrer véritablement leurs preuves sur le terrain. Le championnat débuté par la Ligue de football féminin est à l’arrêt à cause des soucis financiers. La Ligue de football-jeunes quant à elle  a du mal à marquer son premier pas.   La suspension de la Ligue de football professionnel pour confier la gestion des championnats professionnels au Comité Technique Transitoire dirigé par le Premier Vice-Président de la FECAFOOT Aboubakar Alim Konate ne s’est pas faite dans la plus grande légalité selon plusieurs acteurs. Une affaire toujours pendante devant les juridictions alors que le Général Semengue tient à consommer son mandat de quatre ans obtenu en juillet 2016 jusqu’au bout. Au bout d’un an en définitive, les réformes annoncées par le président de la FECAFOOT tardent à montrer leurs premières traces. Les plus réalistes diraient que la fédération a plutôt reculé de quelques pas. Seidou Mbombo Njoya et son équipe ont encore trois ans pour redresser le navire, bien évidemment si le Tribunal arbitral du Sport (TAS) le leur permet. Le verdict de l’affaire qui les oppose à l’association des clubs de football amateurs du Cameroun (ACFAC) qui sollicite l’annulation de l’élection ayant conduit l’exécutif actuel de la FECAFOOT aux affaires reste toujours attendu.

Rostand Youda : « Mon parcours a été pour beaucoup dans ma nomination »

FECAFOOT : A l’ère des contrats opaques !

Share This