Arrivé en rock star au Cameroun, Clarence Seedorf s’est vu confier les lions indomptables le 4 Aout 2018. La légende du Milan AC qui avait dans ses bagages, son compatriote et frère Patrick Kluivert, avait pour ambition de conserver la couronne continentale du Cameroun lors de la CAN 2019. Celui qui a hérité d’une équipe fragilisée après la désillusion de 2018 (non qualification pour la Coupe du Monde) et le départ d’Hugo Broos, n’a malheureusement fait qu’un an chez les quintuples champions d’Afrique. Quels sont les raisons qui ont conduit à son échec ? Le technicien batave avait-il tout pour réussir ? Quelle est sa part de responsabilité dans son éviction ?

Les lions indomptables avaient à leur tête un homme de 43 ans qui a tout gagné ou presque comme joueur. Une sorte de tête de gondole qui a ramené un peu de projecteurs sur une sélection passée totalement à coté de ses ambitions de 2018. Seedorf et Kluivert arrivent en sauveurs sans mesurer la hardiesse de la tache au pays des lions indomptables où chaque habitant est un potentiel sélectionneur. 

Quid de la Com

La première attitude de Clarence Seedorf au lendemain de son intronisation a dessiné un chemin tortueux pour ce dernier. « Je ne ferais pas avec les joueurs des championnats de seconde zone » réagissait ainsi l’ex sélectionneur. Une sortie médiatique qui avait eu le don de tonner dans la tanière, avec des répercutions jusqu’à chez les fans des lions. Seedorf pointait du doigt clairement la majorité des champions d’Afrique 2017 avec en tête de mire le capitaine Benjamin Moukandjo. Même s’il s’est rebiffé quelques jours après, Seedorf n’a pas pu récupérer tous les joueurs visés par cette déclaration. Une erreur de communication qui va lui couter cher au final.

Un Surmoi dévastateur

 « Honnêtement, ça pourrait être un très bon entraineur Seedorf, parce qu’il connait le football. Maintenant… son véritable adjoint c’était Patrick Kluivert. On participait, Joël Epalle et moi, ainsi qu’Alioum Boucar, on était intégrés quand même dans ce staff, on participait à la majorité des réunions mais il y a un certain nombre de décisions qui étaient prises, ils la prenaient tous les deux, et même lui tout seul. Mais c’était plus les deux. Il y a eu des réunions lorsque les joueurs ont voulu faire grève dont on a été exclus. Moi, je lui en ai fait le reproche lui disant, il n’aurait pas dû faire cette erreur-là. » Tels sont les propos de Jean Alain Boumsong au lendemain de la débâcle à la CAN 2019. Le grand joueur qu’il fut à un peu trop pris le dessus sur le côté entraineur. Dans les séances d’entrainement, on avait déjà fait la remarque de la presque mise à l’écart des adjoints camerounais par Seedorf. Tout cela va avoir une répercussion sur ses compositions d’équipe.

Un management à tâtons

L’épisode de la CAN 2019 montre à suffisance les raisons de l’échec du technicien batave. En 4 matchs, il a réussi à faire jouer son équipe dans 3 système de jeu différent et concerner 18 des 22 joueurs de son groupe. A la clé, une victoire, deux nuls, une défaite, 4 buts inscrits 3 concédés. La non titularisation de Zambo Anguissa dans un 8ème de finale crucial contre le Nigéria a laissé pantois toute la presse et les fans des lions indomptables. La méthode Seedorf n’a clairement pas porté ses fruits.

Que dire des choix des hommes ? Jacques Zoua, Wilfried Kaptoum, Joyskym Dawa, Jean-Armel Kana-Biyik dont les présences à la CAN ont été fortement contestées. Laissant sur le carreau des joueurs comme Jean Pierre Nsame, meilleur buteur camerounais à l’étranger pour ne citer que celui-là.

CAN 2019 : Zambo, la révélation

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