Présent à une cérémonie organisée dimanche dernier au lycée Bilingue de Bonaberi pour honorer et célébrer Me Ntamack Pondy Guy René, président de l’association des Vétérans de Bonaberi dont il est membre, Raymond Kalla nous a accordé un entretien dans lequel il s’est prononcé longuement sur la crise qui secoue le football Camerounais.

 

Vous êtes chez vous à Bonabéri. N’est-ce pas ?

 

Ici, je suis à Bonaberi chez moi. C’est ici que j’ai grandi. Je connais donc tous les vétérans de Bonaberi, ce sont mes aînés. Aujourd’hui, on a voulu honorer notre Président Me Ntamack. Plusieurs personnalités ont effectué le déplacement donc certains amis et anciens coéquipiers parmi lesquels Wome Nlend qui lorsqu’il est à Douala, vient jouer avec nous et entre autre Éric Djemba et Nicolas Dikoume. Donc je remercie tout ce beau monde d’être venu célébrer notre président pour ses œuvres.

 

Quel message souhaitez-vous véhiculer à travers une telle célébration ?

 

Le message c’est que le football réunit les personnes. Eugène Ekeke l’un de nos aînés était là et a dû repartir en urgence, donc il y avait du beau monde. Le football peut beaucoup apporter même si certains se regardent aujourd’hui en chien de faïence. Mais lorsqu’on se retrouve comme ça on laisse ces problèmes derrière nous et on essaye de partager de bons moments ensemble. Il y a également un devoir de transmission dans ce type d’actions. Donc comme nous avons suivi nos aînés, on a appris auprès deux, il est également question pour les jeunes de copier ces exemples car demain ce sera également à eux de transmettre.

 

Quelle est l’actualité de Raymond Kalla depuis son retrait de Léopard FC ?

 

Raymond Kalla est là. Ca fait près de trois mois maintenant que je suis au Cameroun. Je suis le football camerounais. C’est vrai que le léopard FC c’est mon équipe de cœur bien qu’il se soit passé beaucoup de choses qui m’ont amené à me mettre un peu en retrait, mais si on fait appel à moi et même si on ne le fait pas et que j’ai quelque chose à apporter. Je n’hésiterai pas car c’est dans cette équipe que j’ai grandi. J’ai d’ailleurs eu déjà à discuter avec Ben Decca il y a de cela une semaine pour lui apporter mes modestes conseils car ce n’est pas toujours facile de gérer une équipe cantonale comme léopard.

 

Quel a été le contenu de vos échanges ?

 

Je lui dis qu’il faut être moralement fort pour diriger. Je lui ai fait savoir ce que c’est que le football car de sa casquette de grand musicien, il est important pour lui d’être bien imprégné de la chose football. Je me souviens que lorsque je jouais encore dans cette équipe, il m’avait offert une paire de godasses. Donc il s’y connait un peu dans le football, mes conseils étaient juste de lui montrer comment est-ce qu’il doit s’y prendre pour réussir sa mission.

 

Quel est votre regard aujourd’hui sur le football camerounais ?

 

Vous êtes sans ignorer qu’aujourd’hui le football camerounais se porte mal. Il faut essayer de mettre les égos de côté et travailler ensemble pour qu’on puisse retrouver notre niveau d’antan. Après le CHAN qui vient de s’achever, il faut relancer le championnat le plutôt possible pour que ces joueurs ne soient plus en train de vadrouiller car ça fait maintenant un an qu’ils ne jouent pas. Alors pourquoi continuer ces batailles qui pénalisent ces jeunes ? Grâce au football ils peuvent aussi gagner leur vie, ils ont des familles, comment peuvent-ils vivre s’il n’y a pas de football ? Il faut vraiment mettre toutes ces querelles de côté, que chacun mette ses égos de côté pour sauver notre football.

 

Comment avez-vous apprécié la prestation des Lions A’ au CHAN ?

 

À quoi devrait-on s’attendre ? C’était évident ! Mais moi je les félicite parce que des enfants qui n’ont pas joué huit mois durant, ils se sont battus à leur niveau en arrivant en demi-finale. Donc ils sont à féliciter. C’est vrai que le match contre le Maroc s’est mal passé car une équipe qui joue à domicile et encaisse quatre buts et qui plus est dans une demi-finale c’est quelque chose de très dur. Mais ces joueurs sont à féliciter. Moi je ne les voyais même pas à ce niveau de la compétition. Vous avez vu les deux premiers matchs, ce n’était pas fameux. Mais cette équipe soudée avec une bonne défense, est allée jusqu’en demi-finale. Bravo à eux ! Il faut maintenant se remettre au travail pour d’autres échéances.

 

Si on appelle les anciennes gloires pour trouver une solution, seriez-vous partant ?

 

Je ne suis pas dans ces histoires parce que c’est le folklore. Ce sont des histoires. Le jour où on m’appelle je suis là. Moi, je n’ai pas d’ennemis et je ne veux même pas me mêler à ces histoires-là. Moi j’ai fait mon temps et je suis très fier des Présidents de l’époque car ils aimaient le football. Ils ont beaucoup investi dans le football et il est vraiment urgent de faire quelque chose. Pourquoi avant ça a marché ? Pensez-vous qu’il y a quelque chose qui diffère cette époque-là à celle d’aujourd’hui ? Je dis non ! La seule différence c’est que les présidents d’avant et tous ceux qui tournaient autour aimaient le football. Aujourd’hui, ceux qui sont là n’aiment pas le football parce que quand on aime le football on essaie de mettre ses égos de côté et on regarde tous vers la même direction. Vous voyez des équipes comme la Guinée qui vient nous gagner ici au Cameroun ? Est-ce que c’est normal ? Ça veut simplement dire que les petits pays sont en train d’avancer et nous on recule.

 

Quel est votre message pour sortir de la crise ?

 

Les gars mettez-vous ensemble ! S’il vous plaît mettons-nous ensemble pour notre football, c’est mon seul vœu. Faisons-le pour ces joueurs car on a quand même vu une bonne équipe au CHAN. Ne pensez-vous pas qu’avec le travail cette équipe peut jouer chez les A ? Nous l’avons fait. J’ai joué ma première coupe du monde quand je jouais au Cameroun. Alors ne pensez-vous pas qu’avec le travail, ces joueurs peuvent en faire de même ? Doit-on toujours être là à lorgner même en Slovénie et je ne sais où pour constituer notre équipe nationale alors que nous avons les joueurs au Cameroun ? Je ne comprends vraiment pas. Une seule chose : si les gens se mettent ensemble, on peut avoir un bon championnat au Cameroun et de bons joueurs qui peuvent valablement défendre notre pays comme nous l’avons fait.

Par la rédaction

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