Au cours d’un séminaire de renforcement des capacités des responsables de clubs organisé à Douala en prélude à la deuxième édition du tournoi Fair-play Bépanda Infos Foot, Pierre Laurent Tamo a donné aux participants, les clés pour une administration plus professionnelle et plus efficace de leurs équipes. Dans une interview qu’il nous a accordée à la fin de cette rencontre, cet expert des questions liées à l’organisation à l’implémentation du football professionnel a évoqué quelques tares qui retardent le décollage du football professionnel au Cameroun.

 

En un mot, comment peut-on résumer le sujet débattu au cours de ce séminaire ?

Le sujet débattu portait sur un pan de l’administration de notre football. On se rend compte qu’il y a encore beaucoup de choses à faire mais s’il faut retenir un mot sur ce qu’on a développé, il faut déjà savoir que l’administration est écrite et qu’il faut, dans le cadre de l’amélioration de notre football qu’on apprenne à formaliser les relations contractuelles qui lient toutes les parties prenantes à un contrat.

A vous entendre tout au long de ce séminaire, on a eu l’impression que le football camerounais a du mal à s’arrimer aux normes internationales pour ce qui est notamment de la gestion des contrats et bien d’autres paramètres qui entrent en compte dans l’administration du football. Dix ans après la mise sur pied d’une Ligue de football professionnel au Cameroun, peut-on encore avoir espoir pour ce qui est du décollage de notre football professionnel ?

Bien sûr ! Le Cameroun est un pays de football. Il y a des talents, il faut juste que l’administration soit au top pour que notre football rayonne.

Comment les contrats devraient-ils être traités dans un club dit sérieux ?

Un club se structure avec une organisation administrative et lorsque l’organisation administrative est en place, les choses vont toutes seules. Il y a confusion de rôle quand il y a concentration des tâches entre les mains d’une seule personne. A ce moment-là, c’est très difficile de s’en sortir.

Vous avez présenté l’administration du football camerounais comme ce talon d’Achille qui l’empêche d’avancer. Je vous cite, vous avez dit : « Notre football manque d’argent parce que sur le plan administratif, nous sommes encore au degré zéro ». Pouvez-vous davantage élucider cette problématique-là pour nos lecteurs ?

A ce niveau, je crois que le véritable problème ici, ce sont les idées qui sont implémentées ou qui doivent être mises en pratique. Et vous avez pris juste un pan de ce que j’ai dit mais de manière plus concrète, je faisais juste remarquer qu’au-delà de la subvention qui semble être la principale ressource espérée par les clubs, il faut réfléchir différemment, se structurer différemment, et lorgner par exemple au niveau des titres fonciers. Il est possible pour un club de bénéficier de la part des autorités, que ce soit traditionnelles ou des élites, d’espaces, des terrains qui peuvent être sur des proportions considérables (1 ha, 2 ha, 3 ha…) et à partir de là, monter un véritable dossier, hypothéquer auprès d’une banque pour obtenir les financements nécessaires au développement d’un projet qui permettra de rembourser le crédit emprunté et continuer à se déployer pour le développement de notre football.

Vous avez présenté la subvention comme une aide sur laquelle aucun club ne saurait s’appuyer dans le cadre d’un projet de développement. Peut-on dire que c’est ce mode de fonctionnement qui a été à l’origine de l’échec de la Ligue de football professionnel qui, dix ans après sa mise en place, continue de tituber ?

Vous avez vu les résultats, ce n’est pas à moi de conclure.

Jusqu’à présent, aucune date n’a toujours été arrêtée pour le démarrage des championnats. De votre point de vue, ne fonce-t-on pas vers une nouvelle saison ratée alors que le Cameroun prépare le CHAN qu’il accueillera au mois de janvier ?

La seule constance, c’est que le football professionnel a beaucoup d’exigences et lorsque vous n’êtes pas capable de dire quand commence un championnat et quand ça s’arrête, vous n’êtes pas crédible. Cette année par exemple, on aurait dû quand même procéder autrement, sachant que le Cameroun prépare le CHAN. Si vous attendez beaucoup du CHAN, moi par contre, au niveau de l’équipe, je ne sais pas ce qu’il faut attendre. Étant donné que le championnat ne se joue pas, il sera difficile d’avoir une équipe compétitive. Et quand une équipe n’est pas compétitive, je ne sais pas s’il serait possible d’avoir de bons résultats.

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