Le Directeur de publication du journal algérien Botola, Nazim Bessol, à l’origine des révélations sur la gestion dAhmad Ahmad, pense que Ahmad Ahmad méritait une sanction plus lourde.

« Depuis mars qu’on a publié la première enquête avec toute la documentation et tous les recoupements que nous avions faits, et qu’on s’est rendu compte que ce n’était pas des faux documents, Ahmad Ahmad et ses proches collaborateurs et membres du Comité exécutif de la CAF s’attendaient à des sanctions. Aujourd’hui, ils ont désigné un membre du Comité exécutif pour «reprendre la candidature d’Ahmad au cas où».

La sanction s’est aujourd’hui matérialisée par la suspension de cinq ans. C’est une suspension logique qui a mis du temps à venir, mais elle est totalement justifiée et s’avère même légère quand on la compare à d’autres sanctions prononcées par la même Commission éthique sur des faits de moindre gravité que tout ce qui est reproché à Ahmad. Parce quand on dit qu’il a pris de l’argent pour offrir des cadeaux et tout, c’est grave. Il ne faut pas oublier que les deux derniers africains suspendus par la FIFA n’étaient autre que Musa Bility (ancien président de la Fédération libérienne de football. Ndlr), pour une histoire de transfert d’argent. Il a pris 10 ans et Manuel Irénio Nascimento Lopes (ancien président de la Fédération guinéenne de football. Ndlr) en a aussi pris de même pour des faits de moindre gravité. Pour Nacimento, ce n’était des pas des faits de gestion, mais sur la base d’une vidéo.

S’agissant de l’impact de cette suspension d’Ahmad, on souhaiterait qu’il ne soit que positif. On ne va pas se voiler la face. Le monde à Ahmad a fait trop de mal au football africain dans le sens où il a créé un clivage, une ligne de fracture dans cette institution. Aujourd’hui, je pense que quel que soit le candidat qui va être élu en mars 2021, la tâche s’annonce très très difficile par e que, sans être un oiseau de mauvaises augure, les comptes de la CAF ne sont pas au beau fixe. D’ailleurs on ne connaît pas les comptes du dernier exercice, puisque le bilan financier n’a pas été envoyé 30 jours comme il se doit avant la tenue de l’Assemblée générale qui aura lieu en décembre par visioconférence. L’an dernier, les délégués des 54 des associations avaient découvert l’abyssal déficit de 17 millions de dollars qui n’a pas été justifié. Un rapport est venu aussi pointer un manque de traçabilité sur une vingtaine de millions de dollars. On sait aujourd’hui qu’il n’y a pas de rentrées financières et la CAF ne génère pas l’argent. Elle ne fait que dépenser.

C’est pourquoi au-delà de toutes rivalités entre candidats de la prochaine élection, il s’agit de présenter un projet en même de redresser la situation, de récupérer ce qui peut l’être et d’avancer pour le bien du football africain.»

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