Invité de l’émission « Le Vestiaire » sur RMC Sport 1, l’ancien lion indomptable est revenu sur un épisode sombre de sa carrière : la Coupe du Monde 2010 où l’arrivée de quelques binationaux (Choupo, Matip) au sein de la tanière l’avait précipité, ainsi que plusieurs autres joueurs sur le banc de touche.

C’est sans doute un épisode de sa carrière qu’il a du mal à digérer. Invité de l’émission Le Vestiaire sur RMC Sport 1, l’ancien lion indomptable Achille Emana n’a pas caché son amertume pour le traitement qu’il a subi pendant la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. L’ex joueur de Toulouse FC estime que le fait de le laisser sur le banc relevait d’une grande injustice, alors qu’il avait largement contribué à qualifier le Cameroun pour ce Mondial.

« On est parti au Portugal avec une équipe qui a qualifié le Cameroun après avoir été derniers de la poule. Quand Paul Le Guen prend l’équipe, il me connaissait depuis la France. Il change l’équipe, moi qui ne jouait plus, je redeviens titulaire, Alex (Song) joue. Il change l’équipe complètement, on a gagné tous les matches de qualification jusqu’à nous qualifier pour la Coupe du Monde. On va au Portugal en stage et le moment venu, pour aller au Mondial, on vient et on te dit que Matip est camerounais. Il sort d’où ? On s’est battus, on a tout fait pour partir de la dernière position dans la poule pour nous qualifier. Une fois qualifiés, c’est nous qui sommes sur le banc. Le premier match, c’est une autre équipe qui joue. Personne n’a compris : Rigo sur le banc, Gérémi qui est l’emblème sur le banc, Kameni, déjà, c’était ou je joue ou je ne joue pas. » S’offusque le joueur.

Sacrifice

Emana se dit d’autant plus remonté que le sacrifice qu’il avait personnellement consenti pendant les éliminatoires, méritait selon lui un minimum de respect. « J’ai fait toute une année où je me suis défoncé – moi, je me rappelle de mon premier match quand Paul Le Guen prend l’équipe, je venais de perdre mon père. Je suis parti au deuil de mon père et le lendemain, on voyageait pour le match contre le Gabon. Et le but que je marque contre le Gabon, c’était pour mon père. Le but qui nous qualifie, après Samuel il marque un deuxième but, on gagne le Gabon au Gabon (2-0) », se souvient-il. « Quand tu arrives au Mondial, ajoute le costaud attaquant camerounais, il n’y a plus d’explication. Si tu demandes une explication, tu es hors. Bouche cousue, tu attends de savoir quelle est la liste finale. Je n’ai pas compris pourquoi du jour au lendemain, nous qui étions titulaires pendant les qualifications, on se retrouve sur le banc de touche. Après, c’était la débâcle. C’est là où tout le monde se rebelle parce que moi par exemple, si je joue, je marque, je fais tout pour qu’on se qualifie, et quand le Mondial arrive, on me met sur le banc de touche, on me dit : il y a Choupo Moting qui arrive, son père était camerounais, je dis OK, respect mais il faut savoir qu’il y a générations et générations. Tu ne peux pas enlever des gens du jour au lendemain… »

Il n’en veut cependant pas personnellement à Matip et à Choupo, innocents selon-lui dans l’affaire. « Choupo c’est un gamin que j’aime beaucoup parce que quand il est arrivé, il n’avait pas cette mentalité, il ne connaissait pas cette mentalité. Matip, quand il est arrivé, il était tout timide. Moi, j’ai appris que Matip était camerounais quand on était déjà arrivé en Coupe du Monde, nous on a appris qu’ils avaient déjà les passeports camerounais et que c’étaient eux les titulaires pour jouer le Mondial », précise-t-il.

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