Mardi dernier, l’équipe nationale des moins de 20 ans a fait graver le nom du Cameroun sur le socle du trophée de vainqueur du tournoi de l’Uniffac (Union des fédérations de football de l’Afrique centrale) en battant brillamment en finale la République Centrafricaine (3-0). Comme en avril 2018 lorsque les lions cadets ont réussi l’exploit de remporter la CAN de leur catégorie, on a vu les responsables de la fédération camerounaise de football omniprésents, hyper-enthousiastes et prolifiques en discours narcissiques sur les différents lieux de célébration notamment au siège de la Fecafoot où l’arrivée des nouveaux champions d’Afrique Centrale a déclenché de spectaculaires vagues d’enchantement. Seidou Mbombo Njoya et les siens tentaient ainsi comme ils en ont l’excellente habitude, de récupérer la victoire de ces pauvres jeunots qui se sont battus comme de beaux diables pour impulser le rayonnement du pays des Lions Indomptables sur le terrain sous-régional. Le sacre des lionceaux a encore constitué une aubaine pour la Fecafoot qui n’a pas hésité à surfer dessus. Mais comment peut-on surjouer le bonheur lorsqu’on a rien fait pour l’avoir ? Il faut être membre de la fédération Camerounaise de football pour le savoir.

C’est que comme les lions cadets en 2018, les lions juniors ont eu une préparation difficile sans que la Fecafoot ne s’en préoccupe. Ce fut une préparation à la fois brève, bâclée et inadéquate sous la houlette d’un staff technique qui a dû abattre un travail d’hercule pour dénicher les jeunes, les regrouper et leur transmettre en l’espace de quelques jours les ingrédients qu’il fallait pour faire la recette à Malabo. A la Fecafoot, on a attendu la veille de la finale comme l’accoutumé pour aller adopter une position paternaliste envers ces jeunes joueurs, les appelant enfants, les enlaçant, les chouchoutant afin qu’ils aillent se mettre chiffon sur le terrain pour ramener la victoire qui va sauver un bilan noirci par une quantité industrielle de maladresses et d’erreurs de gestion. Une attitude d’autant plus honteuse que cette victoire intervient dans un contexte où le football jeune va à vau-l’eau depuis des lustres sous le regard débonnaire des dirigeants de la Fecafoot qui n’attendent que l’heure de la gloire. En cette période de crise, un regain de popularité dû au sacre des lionceaux est salutaire pour les locataires de la maison de football de Tsinga. Prochaine opportunité : le CHAN 2021 que le Cameroun va disputer dans un contexte où le championnat est paralysé par la Fecafoot. Cela n’empêchera pas la bande à Seidou Mbombo Njoya de s’enflammer et de manifester son omniprésence physique et médiatique en cas de victoire finale.

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