Avec l’annonce de la retraite de Gaëlle Déborah Enganamouit, c’est forcément une nouvelle ère qui s’ouvre au sein de la sélection nationale séniore de football féminin.

Depuis le retour de la Coupe du Monde France 2019, Alain Desfrasne Djeumfa, le sélectionneur des lionnes indomptables n’a plus fait appel à Gaëlle Déborah Enganamouit. Une décision plutôt  logique tant la joueuse minée par des blessures à répétition depuis 2016 est toujours sans club depuis plus d’un an. L’avalanche de critiques qui avait suivi sa convocation pour le Mondial français avait sûrement donné quelques leçons au technicien camerounais qui aurait finalement compris entre autres que, de la bonne gestion du cas Enganamouit, dépendait sa crédibilité, voire son autorité. Si les critères sportifs constituent les premiers éléments à prendre en compte dans la convocation des joueurs au sein d’une sélection, l’aura et la notoriété que dégage l’ancienne buteuse de Lorema pouvaient distraire tout entraineur sur son cas.

En effet, depuis ses brillantes performances à la Coupe du Monde Canada 2015, et son triplé face à l’équateur que le public n’a jamais oublié, il était toujours difficile d’imaginer une équipe camerounaise sans Gaelle Enganamouit, ballon d’or africain 2015 et unique joueuse camerounaise à avoir remporté cette distinction jusqu’ici. A cela, il faut ajouter ses statistiques appréciables acquises précocement sous le maillot vert-rouge-jaune (17 buts en 56 sélections). Des éléments qui, plus que ses performances qui se sont totalement détériorées en club depuis plusieurs années, ont généralement pesé lourd, depuis la CAN Cameroun 2016 où elle était arrivée hyper diminuée.  Plus les années passaient, plus Enganamouit qui a eu le temps d’amasser  des fans et des soutiens au sein du biotope footballistique camerounais, devenait fantomatique. Mais sa popularité l’aidait à rester la tête d’affiche d’une sélection qui n’a pas vu entretemps émerger une autre star de la même trempe. Même Alain Djeumfa savait qu’il lui suffisait simplement de trouver un nouveau club pour revenir dans l’équipe qui continuait de lui tendre les bras, convaincue que l’ancienne meilleure buteuse du championnat suédois 2015 (18 buts) finirait par retrouver son vrai niveau.

Au moment où elle met  un terme à sa carrière, le palmarès de Gaelle Enganamouit avec les Lionnes indomptables affiche  deux finales de CAN (2014 et 2016), deux participations à la coupe du monde (2015-2019), avec un huitième de finale joué en 2015. Avec elle, le Cameroun a pris part aux Jeux Olympiques en 2012. Un an avant, elle remportait sous les couleurs de son pays la médaille d’or aux Jeux africains de Maputo, ce qui est d’ailleurs le seul sacre  de la sélection nationale féminine du Cameroun.

Cette décision peut peut-être apparaitre comme une libération pour Alain Djeumfa, souvent embarrassé par son cas. Mais il est clair aussi qu’en tant que véritable star de la sélection féminine camerounaise, Enganamouit constituait un atout marketing indéniable, avec une image et une aura qui suscitaient un intérêt certain au-delà du Cameroun et de l’Afrique. Son départ après 9 années de bons et loyaux services, contraint la sélection camerounaise à se trouver un autre porte-étendard… un autre ballon d’or.

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