Trois jours seulement après l’élimination du Cameroun à la coupe du monde U17 au Brésil, le président de la Fédération camerounaise de football Seidou Mbombo Njoya a limogé Thomas Libiih et son staff. Un limogeage qui cache mal un règlement de compte longtemps préparé à l’avance.

Ce qui devait arriver arriva. Le sélectionneur des Lions de moins de 17 a finalement été limogé, ainsi que l’ensemble de son staff technique et administratif. On se doutait bien d’une telle issue, après que le Cameroun ait été sorti prématurément de la compétition. En réalité, ce fut déjà un petit miracle de voir l’ancien Lion Indomptable de la cuvée 1990 être présent sur le banc de touche des Lions cadets à la coupe du monde au Brésil. Son pronostic vital à la tête de l’encadrement technique de la sélection nationale U17 était engagé depuis son retour de la Tanzanie où il avait offert à cette catégorie le deuxième sacre de son histoire. Du côté de la tour de Tsinga, « le Grand 15 » était perçu comme un « opposant » dont il fallait s’en débarrasser au plus vite. Plusieurs affaires avaient été montées contre les Lions U17 pour le tenir pour responsable. Thomas Libiih avait même été accusé d’avoir incité ses Lionceaux à faire du bruit pour revendiquer leur prime de victoire à la CAN 2019.

Dès lors, le rouleau compresseur pour le faire échouer à la coupe du monde U17 au Brésil était mis en branle. Les Lions cadets ont eu une préparation chaotique. Seul le tournoi UEFA en Turquie a permis au Cameroun d’avoir un semblant de préparation. Mais ça n’a duré que quelques jours. Au Brésil, pour la dernière phase de préparation et d’acclimatation, les déboires se sont enchainés avec le retard dans l’approvisionnement du matériel de travail. Les fermetures des stades d’entrainements pour des factures impayées et surtout l’absence de sparring partners capable de permettre au Cameroun de s’améliorer. En lieux et places de grandes équipes qualifiées annoncées par la FECAFOOT, le staff technique a eu droit aux adversaires de dernière zone. Le clou étant une équipe de kermesse chinoise présentée par l’instance faitière du football camerounais comme celle du Japon pour servir de dernier adversaire pour la préparation du Cameroun. Tout est réuni pour que les lionceaux aient une préparation au rabais, pourtant son groupe relevé (Argentine, Espagne, et Tadjikistan) exigeait une préparation digne de ce nom.

On ne saurait tenir rigueur sur les résultats à un sélectionneur dont on n’a jamais rien mis en œuvre pour qu’il atteigne ses objectifs. Les qualifications des autres nations africaines pour les 1/8e de finale à la coupe du monde U17 résident dans leur préparation. Thomas Libiih est juste la victime expiatoire d’une mauvaise organisation dans la préparation de cette compétition internationale. L’empressement de son limogeage démontre à suffire qu’un plan était savamment ourdi pour l’empêcher d’avoir des résultats positifs. Lors de la débâcle des Lions Indomptables Séniors au Brésil lors de la coupe du monde 2014, le sélectionneur Volke Finke n’avait pas aussitôt été remercié. Il va sans dire qu’un entraineur qui a gagné l’UNIFFAC, et remporté la CAN que le Cameroun attendait depuis 2003 devrait avoir beaucoup de considération. Une seule ombre dans un tableau garni de laurier mérite de respect. La FECAFOOT a étalé aux yeux du monde la face hideuse de son management, en démettant sans façon un compatriote qui a refusé de son compromettre, qui s’est érigé contre le non-respect d’un décret présidentiel sur la non convocation des joueurs de la Diaspora. Un acte qui finalement a scellé son sort. Ce d’autant plus que les enfants de Bill Tchato et Samuel Eto’o “le grand vizir” jouissaient des soutiens inébranlables à la FECAFOOT. Le peuple et fans de football camerounais eux, n’ont pas la mémoire courte, ils saluent avec respect l’exploit de Libiih Thomas, son staff et ses jeunes talents.

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