Emblématique capitaine du Canon de Yaoundé, Jules Denis Onana fut l’un des hommes clés de l’épopée des Lions Indomptables à la Coupe du Monde 1990. Plusieurs années après sa retraite, l’homme garde la même robustesse et surtout de bons restes dans les jambes. Les attaquants qui ont le malheur de le croiser lors des matches de « 2-0 » vous diront même qu’il n’a rien perdu de ses qualités. Votre magazine lui déroule le tapis rouge cette semaine. Toujours affable et courtois, il a accepté de partager avec nous, les anecdotes les plus croustillantes de sa brillante carrière.

 

Quel est le joueur perdu de vue que vous aimeriez revoir ?

Aoudou Ibrahim. Je ne l’ai pas revu depuis le jubilé de Manga Onguéné, il y a très longtemps. C’était mon idole de jeunesse et puis j’aimerais vraiment le revoir.

Quelle a été votre plus grande frayeur pendant votre carrière ?

Je ne vais pas parler de frayeur mais je vais dire un mauvais épisode : la blessure que j’ai subie contre le Gabon qui m’a éloigné des stades pendant pratiquement huit mois et qui m’a empêché d’être performant en Coupe du Monde 94.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

Mon meilleur souvenir, je crois que c’est le retour d’Italie, de la Coupe du Monde 90. Je ne m’attendais vraiment pas à ce que le peuple camerounais communie avec cette intensité. J’ai adoré tous les moments. De la descente à Douala à la visite au palais. C’était des moments inoubliables.

Votre pire souvenir ?

Mon pire souvenir reste la blessure que j’avais contractée contre le Gabon.

Quel est l’entraineur qui vous a le plus marqué ?

Beaucoup m’ont marqué à plusieurs niveaux. Je crois que j’ai appris beaucoup de beaucoup d’entraineurs. Valery Neponiachi m’a marqué parce qu’il m’a vraiment donné confiance. Redon (Philipe Redon, coach des Lions à la CAN 92, NDLR) m’a marqué parce qu’il m’a fait franchir un cap dans ma façon de jouer. Il a décelé en moi cette intelligence de jeu et il m’a permis de vraiment l’exploiter au maximum.

En tant que défenseur, quel est l’attaquant que vous détestiez le plus ?

L’attaquant que j’ai détesté le plus parce qu’il m’a le plus dérangé s’appelle Djapa Olivier. Il jouait au Racing de Bafoussam. C’est un ami, mais je n’ai jamais trouvé l’équation pour le barrer. Il m’a vraiment fait passer de mauvaises nuits.

Quel est votre plus grand regret ?

Mon plus grand regret, c’est de n’avoir pas gagné une Coupe d’Afrique des Nations.

Quel est le coéquipier le plus fort avec lequel vous avez joué ?

Louis Paul Mfede. Il avait un pied gauche magique. C’était lui le déclencheur, c’était lui l’artificier, c’était lui l’inspirateur. C’est lui qui nous faisait gagner les matches. Dans le Canon, il donnait des passes de buts, un peu comme Messi au Barça. Je ne sais pas combien de buts François Omam Biyick a marqués, une bonne partie vient de Mfede Louis Paul. En plus, c’était mon ami intime, nous avons fait chambre commune pendant plusieurs années, mais c’était un génie du football.

Quel est le plus grand moment de honte que vous avez connu ?

Le plus grand moment de honte, c’est l’élimination du Canon en Coupe d’Afrique contre une équipe d’Angola.

Votre bête noire ?

Je me rappelle toujours de cet avant-centre, je répète : Djapa Olivier. C’était un poison. Le jour où je savais que j’allais le rencontrer, c’était difficile pour moi de trouver l’équation. C’était un avant-centre de race. Il avait sa particularité de savoir protéger le ballon et moi, comme je jouais beaucoup en anticipation, je n’arrivais pratiquement jamais à lui prendre le ballon. Mais finalement Redon (Philippe), je reviens sur lui, m’a donné la clé et après, j’ai su comment le gérer.

Quel est le transfert qui a failli se faire dans votre carrière ?

J’ai failli aller à Auxerre. A l’époque, j’étais capitaine du Canon. A l’époque, en France, ils jouaient la Coupe de France au mois de mai. Nous étions en Coupe d’Afrique est Guy Roux voulait à tout prix que je vienne jouer la Coupe de la Ligue avec Auxerre. Malheureusement, Ava Ava du Canon ne l’entendait pas de cette oreille. On a beaucoup négocié et c’est encore une fois de plus Redon qui m’avait mis en contact avec Guy Roux, l’entraineur emblématique d’Auxerre mais malheureusement, ça n’a pas pu se faire. Mais bon, c’est ça le football. On est passé dessus, j’ai eu d’autres joies après et je suis resté moi-même sans problème.

 

Par Wiliam Tchango

 

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