Rarissime est sa parole, grand est son cœur quand il se confie. La soif de jouer de Kome Max a connu un début d’étanchéité après le coup d’envoi de la première journée du championnat Élite One. Motivé par la victoire des siens 2-1 face à Union de Douala à Limbé, le Président de Dragon FC nous a accordé une interview à bâton rompu, dans laquelle il décline les grands axes de son ambitieux projet. La question des tensions qui secouent la Fecafoot et la LFPC était également à l’ordre du jour. Sur le sujet, Kome Max prône le dialogue, et un retour à l’orthodoxie pour une meilleure organisation du football camerounais.

Vous êtes certainement satisfait de ce résultat n’est-ce pas ?

Nous sommes venus avec pour ambition de renverser la tendance. Depuis 5 ans qu’on est en Ligue 1, on a toujours été des victimes de l’Union de Douala à la première journée malgré les scores étriqués. Il était donc question pour nous cet après-midi de renverser la tendance pour montrer notre maturité. Je crois que le message est passé pour ce qui vient d’être fait de Limbé, du coup il y a lieu d’être très content. On voit l’avenir avec beaucoup plus d’encouragements, car avec une équipe renouvelée à près de 90%, il y avait lieu d’avoir des frayeurs au regard de la jeunesse de notre effectif. Mais attention, on a un groupe important qui est caché derrière celui que vous avez vu cet après-midi. Donc, ne nous jugez pas sur la prestation de cet après-midi, au risque de vous tromper. Attendez nous quand la machine aura véritablement pris, je crois qu’on sera nettement meilleur que cet après midi.

Que traduit cette première victoire pour vous ?

Cette victoire réconforte notre travail entamé depuis le 1er septembre. Nous avons sélectionné avec rigueur nos joueurs, c’est lieu de féliciter le travail professionnel qui a été effectué de manière collégiale sous la houlette de François Ngoumou, avec l’œil attentif de  Imandi Emmanuel et ma modeste personne. Je dois dire que c’est une véritable équipe de travail, c’est très encourageant, il y a lieu de dire qu’on n’a pas perdu le temps.

Qu’est-ce qui a milité pour le choix de François Ngoumou sur votre banc de touche ?

C’est de manière accidentelle que François Ngoumou se retrouve sur notre banc de touche, cela favorisé par la décision de la Direction Technique Nationale qui exige désormais la licence A CAF ou A Fédéral pour officier sur un banc de touche. On a dû se séparer à contre cœur de notre coach de l’année dernière Ondobo Fils Baudoin assisté d’Ejangue malgré le fait qu’ils nous donnaient satisfaction au regard des résultats enregistrés la saison dernière. Malheureusement, ils  ne répondaient pas à cette exigence de la DTN du fait d’un manque de stage depuis 2015; ce n’est qu’en 2018 que le stage a été organisé et ils vont devoir attendre fin avril pour pouvoir s’asseoir sur un banc de touche. C’est ainsi que nous prenons attache avec le coach François Ngoumou qui respectait ce profil.

Quels sont les objectifs que vous lui avez assignés ?

Assurer la continuité du travail qui a commencé sous l’ère Towa, et même bien avant. C’est un projet dans lequel François est déjà totalement intégré, car il a un amour prononcé pour la jeunesse. On est donc en phase, on peut cheminer ensemble pour l’atteinte de nos objectifs. Cela passe par la formation d’abord,  question de ravitailler notre équipe première. Nous avons ouvert cette année la section cadette ajoutée à nos sections junior et senior, il est donc question d’amener ces jeunes-là à se mouler dans la haute compétition, question de mieux les placer plus tard soit dans les meilleurs clubs Camerounais, soit le l’étranger. Cette perspective vise à nous amener de la finance dont Dragon FC a besoin pour se projeter à moyen terme sur la scène continentale. L’année dernière Ekollo, Edoua, Kerido, libiih Thomas junior sont tous partis. Il y a Makembe, Mpeleck que vous avez vus cet après-midi qui sont également en instance de départ, et on prépare d’autre tel notre capitaine François Etatina, Jules Foning, bref ils sont nombreux. On suit modestement et progressivement notre projet, et il nous manque juste des moyens financiers pour le déployer grandeur nature, mais on va y arriver.

Dragon FC aura-t-il les moyens de résister à la formule poule unique cette saison ?

Avant qu’on ne joue la formule deux poules la saison dernière, nous avons joué les saisons antérieures en poule unique depuis notre accession en Ligue 1 en 2014. On n’a pas été relégués et on n’était non plus éprouvés, je ne pense pas que ce sera le cas actuellement. On se sent très bien dans notre peau, en trois années on a positionné une vingtaine de joueurs dans les championnats européens et africains, je crois que c’est encourageant. Le jour où ces joueurs ne seront pas leur deuxième ou troisième transfert, on sourira certainement.

Qu’est-ce qui selon vous a changé sur le plan de l’organisation contrairement aux saisons antérieures ?

Ce n’est que le premier match, nous avons voyagé comme d’habitude, on a préparé le match comme on le fait d’habitude, on a embarqué à notre siège et avons passé la nuit à Douala pour débarquer à Limbé le matin. Donc pour nous, c’était comme un rituel. Je ne peux pas encore parler de grandes innovations car c’était les mêmes officiels, les mêmes équipes, on est à Limbé et on a vu des spectateurs, donc attendons. Mais je dois quand même dire que le match d’ouverture qui s’est joué vendredi a été un plein succès. J’ai vu près de 10.000 spectateurs au stade omnisports de Yaoundé, ça fait longtemps qu’on n’a pas vu ça, qui plus est en nocturne. C’était une véritable innovation, si on peut continuer ainsi, ce sera une bonne chose, et je crois que la Fecafoot a les moyens d’organiser un très bon championnat, différemment de la Ligue qui était assistée. Dans tous les cas, les moyens sont là, on attend de voir la suite au regard des débuts qui sont tout autant flatteurs.

Peut-on conclure à vous entendre qu’on est définitivement entré dans le professionnalisme ?

On est au début, il y a eu certes le trophée des champions et le début du championnat à succès qui sont des doubles innovations. La LFPC aussi organisait des matchs d’ouverture à succès, mais il est très tôt de dire qu’on est dans un championnat mieux organisé, mieux structuré, parce que ce n’est que la première journée. Quand je me souviens de ce que la Fecafoot nous  fait comme promesses, alors j’évolue comme un homme prudent et qui attend que les promesses se réalisent. Et là on pourra répondre par l’affirmative.

Que feriez-vous si les promesses de la Fecafoot venaient à ne pas être réalisées ?

On n’est pas là pour jouer le rôle de juge ou d’arbitre. Nous clubs, on a le devoir de jouer, parce que ce n’est qu’en jouant qu’on s’identifie. Comme dit la maxime je pense dont je suis, je joue dont je suis ; si je ne joue pas, je ne suis pas. Nous on a soif de jouer, parce que c’est en jouant qu’on existe. Que ce soit la LFPC ou la Fecafoot, on a soif de jouer. Mais ce que nous demandons, c’est une bonne organisation, de belles aires de jeu, car nous clubs on a besoin de cela pour se mettre en vitrine pour vendre notre produit. Un dimanche comme celui-ci c’est notre grand jour de travail où nous nous mettons au vu du monde entier, on a le droit de demander que les choses soient meilleures pour nous. On pense qu’au regard des promesses, la Fecafoot sera à la hauteur.

Confirmez-vous par votre position le manque de confiance accordé à la LFPC ?

Ce n’est  pas que je n’ai pas eu confiance à la LFPC, mais ça a été un problème de manque de moyens car je dois le reconnaître les idées étaient bonnes, mais il n’y avait pas de moyens. Maintenant, la Fecafoot vient avec de très bonnes idées aussi, et moi je sais qu’elle a plus de moyens. Du coup je suis en droit d’attendre un championnat mieux organisé. Ne commençons pas par être euphorique, attendons de voir et d’observer tout doucement. Je fais confiance au président Seidou Mbombo Njoya, je fais confiance au président du Comité Technique Transitoire Alim Konaté, pour dire que ça s’annonce plutôt bien. Il y a de belles promesses, soyons simplement un peu patients et si ces promesses commencent à se réaliser, je crois que ce sera un changement radical.

On est définitivement pas sortie de l’auberge au regard du dernier communiqué de la LFPC convoquant les clubs pour le début du championnat n’est-ce pas ?

Nous clubs, et moi particulièrement nous réservons d’entrer dans ce jeu-là parce que nous appartenons à la LFPC, on ne peut pas se renier nous-même. Notre objectif c’est de jouer, la Fecafoot c’est l’instance faîtière. Si elle dit reprendre l’organisation du championnat professionnel, on lui dit vas-y. Si c’est la LFPC, nous on va jouer car nous n’avons pas de souci. Honnêtement, on évite de s’immiscer de quelque manière que ce soit dans cette bataille parce que ça semble avoir quitté le problème de deux structures pour s’ériger en problème de personnes. Et qui sommes-nous ? Qui suis-je moi par rapport aux illustres personnalités ? Rien. Du coup je vais m’épargner des souffrances inutiles, et de dire simplement que mon souhait c’est que ceux qui président aux destinées de ces deux structures puissent s’entendre et qu’on puisse jouer un championnat où les efforts sont fédérés au lieu d’être divisés. J’ai toujours prôné l’union, le dialogue, la convergence d’idées, et si cela pouvait arriver, je serais un homme très heureux. Je continue vraiment d’espérer qu’un beau jour ça va arriver, parce qu’il est inutile que des illustres personnes s’opposent par rapport à la question football dans notre pays.

Entretien mené par Sylvain Kwambi

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