Au regard de son physique toujours robuste et son visage qui tarde à prendre des rides, l’on aurait du mal à imaginer que Jean Pierre Fiala fêtera ses 50 ans le 22 avril prochain. L’ancien Lion indomptable qui était entre autres au Mondial 1994 a tôt fait d’embrasser une carrière d’entraineur après sa retraite, pour partager son savoir et son vécu avec la jeune génération. Mais les années passées en sélection ont été des  moments de pur régal pour l’ex milieu de terrain du Tonnerre Kalara Club de Yaoundé qui nous sert ici quelques anecdotes croustillantes, en posture d’invité de Lionindomptable.

Quel est selon vous le meilleur joueur avec lequel vous avez évolué ?

Moi, je suis entre deux générations. Je ne suis pas de la génération Roger Milla. Avoir joué avec Roger Milla, c’était un énorme plaisir. C’était vraiment quelque chose d’extraordinaire, avec tout ce qu’il a fait comme exploit. C’est vrai qu’autour de lui il y avait d’autres : les Omam Biyick, les Kana Biyick, les Libih Thomas et tout ça… Se retrouver avec eux, avec les Pagal, c’était déjà un exploit. Je suis arrivé en équipe nationale au même moment que Rigo (Rigobert Song). Il y avait Rigobert Song, le feu Marc-Vivien Foe. Voilà un peu les joueurs qui m’ont marqué au sein des Lions Indomptables.

Quel est le joueur le plus fou avec lequel vous avez joué ?

Rire…. Le joueur le plus fou ? Moi, je pense que ça a été Pagal. C’est quelqu’un qui était très fun, toujours en train de blaguer, toujours en train de faire des grosses blagues qui étaient bien pour l’équipe.

Le joueur que vous redoutiez le plus d’affronter, que ce soit avec l’équipe nationale qu’en club ?

Je crois que c’est Roger. A chaque fois qu’on devait affronter Roger, je me rappelle du fameux match Canon-Tonnerre, toute notre attention était focalisée sur lui parce que c’est lui qui pouvait d’un moment à l’autre nous damer le pion et il l’a fait et heureusement pour nous, on a fait deux buts partout. Pour moi, c’est une légende. Non seulement, il était une légende, il avait d’énormes qualités et on avait toujours envie de copier ce qu’il faisait et c’est ça qui nous a permis à un moment donné de progresser, d’essayer de faire ce qu’ils ont fait.

Quelle est la consigne d’entraineur que vous n’aviez jamais comprise dans votre carrière ?

Là, c’est un peu difficile. Tous les entraineurs que j’ai rencontrés que ce soit en sélection ou en clubs, ont toujours contribué à l’évolution de ma carrière, personnellement et à l’évolution de la carrière de beaucoup. Parce que c’était non seulement de très bons pédagogues, qui connaissaient leur travail et qui comprenaient  pourquoi on entrainait.

Quel a été le but le plus important de votre carrière ?

C’est vrai que je n’ai pas marqué beaucoup de buts. Au début, c’était un peu difficile. Mais c’est par la suite que j’ai commencé à marquer. Parce que je me rappelle une année, jusqu’à la septième journée, j’étais parmi les meilleurs buteurs malgré le fait que je jouais milieu de terrain. J’étais à 5-6 buts… Plus vous prenez de l’âge, plus vous devenez mature, plus vous comprenez ce que vous faites. En équipe nationale, je n’ai pas marqué beaucoup de buts mais je crois qu’il y a un but que j’ai marqué contre le Swaziland où on avait gagné 5 buts à 0, je crois. C’est un but qui m’avait beaucoup fait plaisir parce que le coach m’avait fait confiance et il n’avait pas été déçu

Et quelle est la plus grosse dispute en équipe, à laquelle vous avez eu à assister au cours de la votre carrière ?

Je vais dire que c’est la grâce que j’ai eue On s’est toujours entendus, partout où je suis passé, partout où j’ai joué parce que j’estime que le football c’est un sport collectif, les joueurs doivent se compléter On ne doit pas se disputer parce qu’on n’a pas les mêmes qualités, on n’est là pour associer ces qualités et donner quelques choses d’extraordinaire. Je pense que nous n’avons pas eu de dispute en tant que telle.

Quelle est la plus grande fierté de votre carrière ?

La plus grande fierté ? C’est d’avoir été en équipe nationale, d’avoir eu la chance de jouer, de participer à la Coupe du Monde (1990), être dans le groupe et c’est ça qui a vraiment fait ma fierté parce que ce n’était pas facile.

Et votre défaite la plus marquante ?

Notre défaite marquante, c’est, je crois en 1993-94 quand on a raté un championnat, on a raté d’être champion et c’est ça qui constitue ma plus grande perte.

Quel est le joueur qui vous ressemble selon vous aujourd’hui ?

C’est difficile !  Honnêtement, c’est difficile. Moi, j’ai voulu ressembler à quelqu’un, comme le feu Théophile Abega, Roger Feumba, ça ce sont les joueurs qui m’ont le plus marqué et qui m’ont beaucoup inspiré. Sans oublier Roger Milla. C’est vrai ; lui, il était avant-centre mais avec les qualités qu’il avait, il pouvait jouer milieu de terrain. Je crois qu’il avait des qualités terribles de passeur et de buteur. Je pense que c’était un joueur complet. Mais maintenant, au milieu de terrain, je pense qu’on a le feu Théophile Abega, Mbida Arantes, Feumba Roger qui m’ont beaucoup inspiré. Je peux citer beaucoup, les Nanga Zozo… A les voir jouer au milieu de terrain, j’avais envie de reproduire exactement ce qu’ils faisaient, parce qu’ils faisaient vraiment du football extraordinaire. Et ce qui fait que même aujourd’hui, vous savez, je continue à faire ces choses et j’en suis fier.

Merci beaucoup !

C’est moi qui vous remercie.

La Rédaction

 

Jules Denis Onana : « Mon plus grand regret est de n’avoir pas gagné une Coupe d’Afrique »

Marc-Vivien Foe: 16 ans déjà !

Share This