Gabriel Zabo, l’entraîneur de Stade Renard de Melong analyse les performances du Cameroun lors du premier tour et pronostique les quarts de finale contre la RDC. 

Comment avez-vous trouvé les Lions A’ lors du premier tour ?

Personnellement, je n’ai jamais douté de cette équipe, surtout qu’elle va passer. J’ai eu à les jouer et j’ai vu leur force, notamment leur potentiel défensif, et je savais que le mental camerounais allait faire la différence. Nous savions tout de même que ça allait être difficile au regard des équipes en face qui étaient assez joueuses. Dieu merci on s’est qualifiés avec nos armes et nos qualités. Ce n’est pas une surprise pour moi et je suis satisfait.

Comment comprendre le turn-over opéré par le coach durant ce premier tour ?

Je ne pense pas qu’il y a eu turn-over à proprement parler. Quand vous regardez le premier match, en dehors du deuxième, où il y a eu deux ou trois changements, le troisième match le coach est revenu pratiquement avec la même équipe à un changement près parce que Mani Ykré est entré en deuxième rencontre. Il y a eu l’entrée de Ngon qui a remplacé Meyong au troisième match. Donc on ne peut pas parler d’un turn-over, on remarque simplement que plus la compétition avance, plus le coach a la sensation de l’utilisation rationnelle de son effectif en fonction de l’adversaire. D’ailleurs, le bloc de l’équipe de 8 à 9 joueurs est bien en place. Donc le reste c’est des réajustements en fonction de l’adversaire.

D’aucuns pensent que les Lions A’ se sont qualifiés sans manière. C’est aussi votre impression ?

Le Cameroun ne peut pas jouer comme le Brésil, il faut bien qu’on l’intègre dans cette notion de manière. Le Cameroun a ses armes, ses forces et ses qualités, notre robustesse, notre mental. Quand vous regardez par exemple le match contre le Burkina Faso, les étalons ont joué juste 20 minutes et le reste c’est le Cameroun qui a pris le jeu à son compte. Malheureusement, on ne trouve pas encore de solution sur le plan offensif. Mais ce qui est sûr ce sera chose faite d’ici peu. Sur le plan défensif, le bloc au milieu de terrain, on a pris la mesure des choses en deuxième mi-temps. Donc je pense que ce réajustement a permis de conserver et de se qualifier.

L’attaque est le maillon faible de l’équipe n’est-ce pas ?

Non, je ne pense pas. Quand un défenseur arrive en situation d’attaque et marque un but, c’est les attaquants qui ont créé ces conditions. Le défenseur qui marque est de ce fait un attaquant car quand on a le ballon, on est attaquant et quand on n’a pas le ballon on est défenseur. Donc pour moi c’est un faux débat, car si on arrive en finale et on gagne avec des buts des défenseurs, ce sera grâce au attaquants qui ont su créer les conditions pour permettre aux autres de faire la différence. Je suis convaincu que les coachs sont conscients de ce déficit et ils travailleront en conséquence pour remédier.

Comment trouvez-vous l’équipe de la RDC ?

Une très belle équipe de la RDC, assez joueuse, qui procède par des attaques placées, une équipe qui a les couloirs qui vont vite, une équipe qui tire beaucoup au but. Mais elle a aussi ses faiblesses et on doit les exploiter. Cette équipe n’aime pas être pressée, elle n’est pas bien sur les balles arrêtées, et elle n’a pas un bon marquage sur les centres. L’avantage c’est qu’on ne concède pas trop de buts, et elle n’en marque pas beaucoup non plus. Donc ce sont des détails importants.

Que doivent faire les Lions A’ pour battre la RDC ?

Pour venir à bout de la RDC, il faudra fermer les couloirs qui vont vite, il faudra trouver la mesure du dossard 30 qui est un milieu de couloir extérieur qui va assez vite. Il faudra bloquer également la montée du latéral gauche, et surtout fermé l’intervalle entre les deux latéraux. C’est-à-dire entre le latéral et le défenseur central. Maintenant, il faudra avoir un bon bloc, être agressif pour pouvoir les mettre en difficulté. Il faudra également qu’on ose un peu quand on a le ballon, qu’on cherche des situations de balles arrêtées pour les mettre en difficulté. Donc la clé de ce match c’est d’abord d’empêcher qu’ils ne produisent leur jeu et maintenant assurer la couverture derrière parce que en situation de poursuite, il faudrait que nous soyons présents.

 

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