Le président du Conseil d’Administration de l’Union sportive de Douala se dit outré par les récentes charges de l’ancien lion indomptable Bonaventure Djonkep à l’endroit des dirigeants des Nassaras Gamakai.

Dans une interview accordée à la presse la semaine dernière, Bonaventure Djonkep ne s’est pas montré tendre avec les dirigeants de l’Union sportive de Douala qu’il accuse de ne pas mettre les joueurs et entraineurs dans de meilleures conditions pour obtenir les résultats souhaités. Il révélait par ailleurs que Daniel Walinjom, l’entraineur dont le club venait de se séparer au profit de Richard Towa lui avait confié avoir passé deux ans au sein de cette équipe sans le moindre salaire. « A l’administration, je reproche le fait que les joueurs et les entraineurs ne sont pas mis dans les meilleures conditions. Or, c’est ce qu’il faut pour que l’équipe ait des résultats. J’ai discuté avec l’entraineur partant, puisqu’ils ont changé d’entraineur, il m’a dit que depuis qu’il est là, il n’a pas de salaire. Quand un entraineur peut faire deux ans sans avoir un salaire, vous attendez quel résultat ? C’est pour cela que je suis amer avec les dirigeants de l’Union. Il faudrait qu’ils mettent les gens dans des bonnes conditions pour que ceux-là donnent le résultat. » Déplorait-il. Une déclaration battue en brèche par le concerné qui jure n’avoir jamais eu une telle discussion avec l’ancien lion indomptable, avant de se dire très choqué par cette sortie.

Cette révélation de Bonaventure Djonkep qui a vite fait d’embraser les réseaux sociaux n’a pas laissé les dirigeants des Nassaras Gamakai indifférents. Président du Conseil d’Administration du club, Franck Happi se dit particulièrement déçu de recevoir une telle charge d’un ancien de la maison (Djonkep a été joueur puis coach de l’Union). « J’attendais déjà la réaction de Daniel Walinjom parce que je ne voulais pas être le premier à réagir, c’est important que Daniel Walinjom ait réagi pour rétablir les faits. Je suis surtout extrêmement déçu de la part de Bonaventure Djonkep. Au moment où il est en train de lancer un centre de formation et un séminaire d’éducateurs,  en une semaine, sur plusieurs médias, il a fait des sorties tendancieuses contre une maison qui l’a vu grandir. Je suis extrêmement déçu et je m’inscris totalement en faux quant à cette situation. Comment vous pouvez penser que Daniel Walinjom a fait deux ans sans salaire dans l’Union ? Comment est-ce que c’est même mentalement possible qu’un entraineur reste deux ans sans salaire et continue de travailler avec vous ? » A-t-il réagi dans une interview à paraitre dans le prochain numéro du  magazine de Lion Indomptable.

Frustration

Happi explique que les multiples charges dirigées par l’ancien sélectionneur des Lions A’ contre l’Union sportive de Douala seraient nées d’une petite frustration. « J’ai essayé de mener ma petite investigation, j’ai appris plus tard qu’en réalité, Bonaventure Djonkep voulait entrainer l’Union (rire…), il voulait revenir à l’Union et est entré en contact avec certains membres et c’est fort de cette frustration qu’il fait cette sortie », a-t-il indiqué.  Le Président de l’Union sportive de Douala fait par ailleurs remarquer que l’entraineur qu’il a côtoyé lors de ses premières années à la tête des Nassara n’a pas toujours brillé par un comportement exemplaire. « Vous savez, c’est quelqu’un qui a quand même un problème de comportement, un problème d’éducation. Et je le dis aujourd’hui, il manque de bonnes manières, c’est dur de dire ça d’un adulte mais je suis obligé de le dire. Et je vais vous donner des exemples : partout où il est passé, il n’a pas fait deux ans, même quand il a été champion. Il a été champion avec Fovu de Baham, l’année suivante, il a été mis à la porte, il n’y est jamais reparti, il a été champion avec Unisport, l’année d’après, il a été mis à la porte, il a été champion avec l’Union et l’année d’après, il a été mis à la porte, on s’est séparés, il n’est jamais revenu. Ça voudrait dire qu’il y a quand même un problème. Je vous rappelle que c’est le dernier grand entraineur camerounais de Coton Sport de Garoua. C’est après lui que Coton choisit de prendre des entraineurs expatriés, posez-vous la question. Personne ne nie ses compétences techniques et tout cela, mais ça ne suffit pas pour vivre dans un environnement », tente-t-il de démontrer.

« Je suis extrêmement déçu, ajoute-t-il, parce que je pense qu’entre l’Union et Djonkep Bonaventure, s’il y a quelqu’un qui devrait quelque chose à l’autre c’est Djonkep qui devrait à l’Union de Douala et pas le contraire. Oui, il a été l’entraineur qui nous a donné le dernier titre de champion après 22 ans (2012, Ndlr), avec moi comme président… Pourquoi je dis encore qu’il me doit beaucoup et que j’ai très mal ? Si Djonkep est revenu à l’équipe nationale, c’est un peu beaucoup grâce à moi. Allez demander au président Batamack, aller demander à Tombi A Roko Sidiki qui était secrétaire général de la Fédération ce que j’ai fait. Je ne le regrette pas mais je suis un peu déçu de voir avec quoi il me rétribue. Parce que même s’il avait des griefs contre mon équipe, en me regardant, il ne devrait pas. C’est pour ça que je vous explique qu’il n’a pas été limogé de l’Union parce qu’il était déjà dans les petits papiers au Ministère des Sports. C’est pour cela que j’ai préféré une séparation à l’amiable parce que ça allait salir son CV de dire qu’on l’a limogé de l’Union. Il était persona non grata parce qu’on considérait qu’il était une tête brûlée, qu’il représentait un peu ce qu’on peut considérer comme l’opposition et qu’il avait pris la parole lors des villes mortes de 1990 avec le carton rouge au nom des sportifs au Palais des congrès, une histoire politique. J’ai réussi à faire changer cela en expliquant qu’on ne peut pas avoir au Cameroun l’entraineur le plus titré localement et on ne le retrouve pas dans une sélection nationale. Voilà comment Bonaventure Djonkep a retrouvé la sélection nationale… Il y a des choses qu’on ne fait pas… ». Franck Happi dont l’intégralité de l’interview qui revient sur divers autres sujets d’acuatlités sera diffusée dans le prochain numéro du Magazine Lion Indomptable, a peut-être servi un nouvel épisode de ce qui pourra finalement devenir un feuilleton entre Bonaventure Djonkep et l’Union de Douala. La suite nous le dira.

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