Pour le consultant sportif, Franck Ghislain Onguene, Ahmad va probablement essayer de laver son honneur pour éviter une sanction plus lourde. 

« La situation que traverse Ahmad était prévisible. Son nom a plusieurs fois rejailli dans des situations compliquées. Que ce soit en France où il a fait l’objet d’un examen judiciaire, ou en Égypte où il était ciblé par certaines enquêtes. Ca devenait un peu compliqué. Son nom apparaissait même dans le Qatargate, qui a renversé le monde du football. C’est dommage pour le football africain, mais ce n’est pas surprenant. Parce qu’il faut se rappeler que l’ancien secrétaire général de la CAF avant sa mort avait déjà commis un rapport dans lequel il soulignait tout ce qui est dans le rapport de la Commission éthique de la FIFA. Notamment des cas de détournements de fonds, de contrats signés de manière non régulière, des cas d’abus d’autorité, de harcèlement sexuel. Il y a un autre élément important, Ahmad à opté pour un style managérial questionnable. Il a récemment saisi lui-même la FIFA pour qu’elle auditionne sa gestion, ce qui était assez dangereux. Car lorsque vous ouvrez votre cuisine interne, il est clair que le visiteur va découvrir des choses à l’intérieur qui ne vous seront pas toujours favorables. Je pense que le patron de la FIFA a fait de son mieux pour protéger son vice-président. Et que si on en arrive là, il y a une goute d’eau qui a débordé le vase.

En dehors de ça, il faut dire que le climat électoral actuel n’est pas exempt de toute interrogation. Ahmad Ahmad avait annoncé sur son compte twitter qu’il comptait se représenter à la présidence de la CAF. Ce qui n’était de bon augure pour tout le monde. Et quand on a vu les rapports de la FIFA commencé à sortir dans les médias proches de Gianni Infantino, notamment BBC, le New York Times, on a compris que ce serait très difficile pour Ahmad de tirer son épingle du jeu.

Aujourd’hui, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le football africain. C’est la première fois qu’un président en exercice de la CAF fasse l’objet d’une suspension. La dernière fois qu’un président a été suspendu c’était celui de la FIFA. Et c’est l’ex président de la CAF Issa Hayatou qui avait assuré l’intérim. C’est pour dire que ce qui se passe en ce moment est un peu dégradant pour l’image du football africain et de l’Afrique en général.

C’est vrai qu’Ahmad a toujours clamé son innocence. Ahmad va probablement essayé de laver son honneur au risque de voir sa sanction être revue drastiquement à la hausse, soit par le Tribunal arbitral du Sport, soit par le Tribunal fédéral suisse.

Aujourd’hui, la CAF est dirigée par Constant Omari, l’homme de main d’Ahmad. Ce serait très difficile au vu de leur proximité qu’Omari ait les mains propres. Ce serait curieux. Quoi qu’il arrive c’est le Congolais qui va mener la barque jusqu’en mars 2021 aux élections. On espère que tout va bien se passer, que l’ordre reviendra dans le foot africain. »

Louis Fernand Tchameko : “La suspension d’Ahmad Ahmad n’est pas surprenante”

Gérard Ellé : “Ahmad Ahmad n’a pas fait les détournements seul. D’autres membres seront sanctionnés”

Share This