Le football jeune au Cameroun, l’un des scandales silencieux de ces dernières années. Le dernier véritable championnat des catégories inférieures remonte à 2011 sous l’ère Mohamed Iya. Les dirigeants qui se sont succédés à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ont chacun servi des simulacres de compétition.

En mars 2014, Joseph Owona, président du Comité de normalisation de la Fécafoot organise des championnats nationaux benjamin, minime et cadet sur quelques jours, tel un tournoi d’exhibition. Tombi à Roko élu président de la fédération l’année d’après, feint de faire les choses autrement. En janvier 2017 un championnat national de football des jeunes de moins de dix-sept ans (U17) est lancé avec en affiche d’ouverture l’Académie Giles Augustin Binya contre Academy One To One. La compétition ne se limitera qu’à ce match, sans suite. Tombi à Roko expliquera sans trop convaincre, qu’il est difficile de tenir les compétitions jeunes en raison de leur calendrier scolaire.

Va s’en suivre une longue traversée du désert jusqu’en 2019. Le nouvel exécutif élu avec Seidou Mbombo Njoya comme président fonde une Ligue spécialisée de football jeune. La Ligue lance son premier championnat jeune début 2020, mais la pandémie de la Cdvid-19 vient réinstaurer le statuquo. Jusqu’à ce mois de décembre où la Fécafoot annonce un redémarrage des compétitions dans les jours à venir. Il aura fallu du temps.

Le football camerounais a longtemps souffert de ce délaissement des catégories jeunes. Pourtant la FIFA inclut régulièrement le pays dans des programmes hautement subventionnés. Des générations d’enfants ont abandonné la pratique de la discipline faute de compétitions. Les plus téméraires ont pour l’essentiel évolué grâce à la débrouillardise de certains promoteurs de centres de formation et organisateurs des championnats de vacances. Dans ces conditions, le processus de passage d’un niveau à un autre a souvent manqué d’objectivité. Pas étonnant que des joueurs sans fondamentaux se retrouvent en élite, et des clubs camerounais peinent de plus en plus à lever la tête en compétitions africaines. .

Le 29 janvier 2019, Seïdou Mbombo Njoya invité à la finale des compétitions jeunes organisées par l’académie Semence olympique a implicitement fait le malheureux constat non sans faire l’éloge de la formation. « La construction de notre football intègre plusieurs paliers. Le vôtre, celui de la formation, exige patience, abnégation, amour et rigueur. Si la base est bien faite, nous aurons des clubs et sélections nationales solides qui feront la fierté de notre pays comme par le passé », avait-t-il déclaré. Il est donc temps de redonner au football jeune la place primordiale qu’il mérite. Il est temps qu’on cesse de concentrer toutes les énergies sur des querelles juridiques pour le contrôle du football professionnel alors même ce dernier ne peut être productif que si le foot amateur est bien organisé.

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