Le président de la FIFA propose des réformes pour booster le professionnalisme des arbitres africains.

Le séminaire sur le développement des compétitions et des infrastructures en Afrique tenu samedi dernier au Maroc par le président de la FIFA, en présence des dirigeants de la CAF et des délégués de  ses 54 associations membres, entre autres, a été l’occasion une fois de plus pour Giani Infantino d’évoquer  la question de l’arbitrage en Afrique. Le patron du football mondial entend y apporter de grandes réformes, avec en prime, la création d’un groupe d’arbitres professionnels, financé et organisé par la FIFA en association avec la CAF. « Les arbitres doivent être au-dessus de tout reproche et pour ce faire, nous devons les protéger. Nous allons prendre un groupe de 20 arbitres FIFA africains parmi les meilleurs, les accompagner vers la professionnalisation et leur offrir des contrats professionnels à durée indéterminée. Ils sont les garants des règles du jeu ; à nous de les accompagner et de leur permettre d’être totalement autonomes. » A souligné Gianni Infantino.

Si l’arbitrage des deux dernières éditions de la CAN (2017 et 2019) n’a pas connu de véritables critiques, la prestation des Hommes en noir lors des compétitions interclubs n’a pas toujours été honorable ces dernières années, comme en témoigne la vague de sanctions qui ont secoué  l’arbitrage africain. L’on se rappelle par exemple  de l’exclusion à vie de Marwa Range, un arbitre assistant kenyan. Le gambien Ebrima Jallow et le Togolais Yanissou Bebou  ont écopé chacun de 10 années de suspension de toute activité liée au football, de la CAF tandis que l’Ivoirien Denis Dembele a été suspendu pour 6 années. Le Burkinabé Boukari Ouedraogo et une dizaine d’autres arbitres  qui ont tous écopé de 5 années de suspension en 2018. En 2019, l’arbitre togolais  Kokou Hougnimon Fagla suspendu à vie par la FIFA, a lui-même annoncé sa suspension. « C’est avec une profonde amertume que je vous annonce ma suspension par la FIFA ce jour. En 2009, j’ai officié un match entre l’Afrique du Sud et la Bulgarie, match au cours duquel j’ai été approché par l’organisateur qui voulait un avantage pour l’équipe locale. Heureusement pour moi, j’ai refusé de collaborer, sans pour autant dénoncer la tentative de corruption et l’auteur. Ce fait (non-dénonciation) que la FIFA qualifie de délit est la cause de la suspension qui m’a été notifiée ce jour. Je tenais à en parler afin que ceci serve de leçon à tous les arbitres qui sont encore en activité ».

Si  la corruption est régulièrement évoquée dans ces cas de suspension, un doigt accusateur est parfois pointé aussi sur la gouvernance. Gianni Infantino promet d’être désormais sans pitié. « Ça doit changer dans la gouvernance intérieure en Afrique. Comment gérer l’argent en espèces. J’espère que la CAF a réalisé que je vais être dure contre la corruption. Il doit y  avoir de l’espoir en Afrique. Nous allons payer les arbitres pour éviter la corruption. Ce n’est pas de l’immixtion mais nous voulons que les meilleurs soient désignés et ils seront payés pas la FIFA pour éviter les influences des gouvernements. L’arbitre qui ne mérite pas, nous allons le mettrons de côté ». A conclu le patron de l’instance faîtière du football mondial.

Si ces réformes telles que présentées peuvent susciter l’espoir d’un avenir meilleur pour l’arbitrage africain, il reste que ces actions de la FIFA ne sont perçues d’un bon œil par plusieurs africains qui y voient une immixtion en vue  de contrôler le football africain.

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