Depuis mercredi soir, Jean Serges Noah est le nouveau Directeur Technique National à la Fédération Camerounaise de football, en remplacement de Jean Manga Onguéné dont le contrat n’a pas été reconduit. Pour un poste aussi névralgique pour le développement du football camerounais, Seidou Mbombo Njoya a jeté son dévolu sur un « parfait inconnu » dont les états de service et le parcours restent aussi flous qu’inconvenants.

Bien que léger, le CV présenté par le nouveau Directeur technique National, Jean Serges Noah contient quelques références qu’on pourrait trouver intéressantes. Mais encore faudrait-il se rassurer de la véracité de ces informations.  Ce dernier mentionne par exemple qu’il est formateur à la Fédération française de football (FFF) depuis 2010.  Contactés par le journaliste camerounais Richard Naha du site Afrikafoot.fr, les responsables de l’institution française ne semblent pas confirmer cette information. « Malheureusement, on a personne qui répond à ce nom chez nous », a répondu après quelques fouilles, le standardiste au bout de la ligne. A cette allure, on peut également douter de son passage à l’US Créteil, respectivement comme éducateur chez les U18 (2000-2004)  et comme entraineur en CFA2 (2004-2009) comme présenté. Il faudrait également vérifier s’il a effectivement été directeur technique de USA Clichy comme mentionné dans le CV.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nomination de Jean Serges Noah ne repose sur aucune base logique et objective. Il n’a assurément pas le profil de l’homme qui pourra mieux incarner le projet de réforme de la Direction Technique Nationale présenté pendant la campagne électorale à la FECAFOOT par l’actuel locataire de la tour de Tsinga comme  l’un de ses principaux chevaux de bataille. Comme sur beaucoup d’autres fonctions au sein de l’instance faitière du football camerounais, Seidou Mbombo Njoya a préféré sacrifier la compétence, pour satisfaire de  petits copains. Normal que cette nomination  suscite cette levée de bouclier bien que peu vigoureuse,  observée dans le milieu des entraineurs camerounais. « Un DTN est généralement comme un général de l’entrainement qui inspire respect et admiration par rapport à ses états de services dans les clubs et sélections. Lui, il n’en a pas, il est comme parachuté, pourtant, il devrait faire ses classes. Lui confier le laboratoire du football camerounais semble être un peu gros. Ce domaine est trop technique pour être confié à des mains inexpertes. Le DTN est comme le boss des entraineurs et des sélectionneurs », nous confie un entraineur sous anonymat.

Récompense

Comme nous aimons généralement citer la France en référence, notons qu’Hubert Fournier, l’actuel Directeur Technique National à la Fédération française de football traine un parcours respectable, aussi bien comme footballeur (ex défenseur central) que comme entraineur. Il a notamment fait ses preuves sur les bancs de touche de Reims (2010-2014) et de Lyon (2014-2015). Avant lui, cette institution a vu passer d’illustres techniciens, à l’instar de Gérard Houiller, ex entraineur de Liverpool et de l’Olympique Lyonnais. Dans le répertoire des entraineurs camerounais, ils sont nombreux à avoir des profils similaires. Sauf qu’ici, la compétence est loin d’être le critère le plus décisif.

En plus de son pédigrée très limité, Jean Serges Noah n’a qu’une très faible connaissance de l’environnement du football camerounais. Alors qu’il venait d’être recruté comme entraineur du Canon de Yaoundé en 2017, il avait mis du temps à s’asseoir sur le banc de touche de la formation de Nkoldongo, ses prédécesseurs à la DTN ayant pris des semaines pour valider son dossier de licence, alors que le doute persistait sur la qualité et les équivalences de ses diplômes d’entraineur.

La logique, si ce mot existe dans le vocabulaire de la FECAFOOT, aurait même commandé, pour un poste aussi capital pour l’identité du football camerounais, qu’un appel à candidature fut lancé. Une procédure qui devait aboutir au choix du meilleur des projets proposés par les postulants.  Mais il s’agissait avant tout, peut-on remarquer, de récompenser à tout prix un membre du clan  qui dirige le football camerounais depuis la mise sur pied du dernier comité de Normalisation, présidé par Maitre Dieudonné Happi.

Michel Ezola

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