Aux côtés de Pape Diouf qui fut son mentor et a lancé sa carrière, Julien Fournier, actuel Directeur du football de l’OGC Nice, a beaucoup appris. Il fait partie des plus peinés par la disparition du franco-sénégalais qui continuait de l’accompagner jusqu’à ses derniers jours. La très grande émotion affichée après l’annonce de la mort de celui qui était pratiquement devenu irremplaçable dans sa vie était tout à fait compréhensible. Quand il faut décrire l’homme, les épithètes fleurissent, les unes aussi appréciatives que les autres. On retient que Pape était à la fois humain, sympathique, disponible et professionnel. Pour l’ensemble de ses œuvres à l’OM, il espère de la part du club,  un hommage à la hauteur de ce qu’il représente dans l’histoire du club olympien.

«Pape m’a toujours accompagné, depuis Marseille jusqu’à Nice et il m’accompagnera toujours. Sa disparition me peine comme jamais je n’aurais imaginé être peiné et j’espère qu’il aura un hommage à la hauteur de l’homme qu’il était. On en passait des heures dans ces bureaux, enfumés car à l’époque c’était autorisé, des heures où nous avons vécu une aventure humaine exceptionnelle avec ces moments de joie, de tristesse aussi.

«Les gens l’appelaient Pape, pas Monsieur Diouf»

Un souvenir fort, c’est Pape en larmes devant la tribune où se trouvaient les supporters marseillais, parlant avec eux car un accident de car avait coûté la vie à deux membres des MTP lors d’un déplacement. Pape était profondément humain et aucun de ceux qui ont eu affaire à lui, même quand ils ont ferraillé, ne dira autre chose. Je me souviens de sa campagne lors des Municipales à Marseille (NDLR : En 2014). Bien sûr qu’il savait qu’il ne serait jamais élu mais il s’était engagé pour faire passer certains messages, pour la ville. Il y avait un engouement extraordinaire chez les Marseillais. Les gens, avec tout le respect, l’appelaient Pape, pas Monsieur Diouf, car il était l’un des leurs.

«Tant pis si ça fait polémique mais j’ai été touché et j’ai ressenti beaucoup plus de respect pour l’homme dans les communiqués qu’ont adressé le PSG et Lyon que dans celui de l’OM qui manquait de chaleur.»

En cinq ans, on n’a rien gagné mais on est fier de tout ce qui a été fait. Avec José (Anigo), on a formé un sacré trio. Dès que l’un des trois n’était pas là, ses oreilles sifflaient car les deux s’en donnaient à cœur joie pour chambrer l’absent. Il nous agaçait parfois, notamment pour ses horaires. Il ne fallait pas compter sur Pape avant midi, l’heure où il commençait sa journée jusque tard le soir, quand moi j’étais souvent là tôt le matin.

Avec José, on avait la tête dans le guidon et Pape était toujours là, avec le recul indispensable, pour prendre la bonne décision quand nous n’arrêtions pas de tergiverser. C’est cliché mais c’était le vieux sage africain, le baobab comme on l’appelait avec le respect que cela représente au Sénégal, parce qu’il était grand et fort. On avait une incroyable complicité. Quand j’entrais dans son bureau avec un agent, un joueur, pour négocier un contrat, il me regardait et instantanément il savait s’il devait lâcher du lest ou au contraire ferrailler. Un regard suffisait. Tant pis si ça fait polémique mais j’ai été touché et j’ai ressenti beaucoup plus de respect pour l’homme dans les communiqués qu’ont adressé le PSG et Lyon que dans celui de l’OM qui manquait de chaleur. J’espère sincèrement que la direction de ce club aura la grandeur de rendre un hommage à la hauteur de ce que représente Pape dans l’histoire de l’OM et de tous ceux qui l’aiment.»

Avec France Football

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