Le rejet quasi unanime réservé à la mascotte du CHAN Cameroun 2020 sonne comme le présage d’un échec programmé de la compétition sur ses volets marketing et commercial.

Le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), c’est désormais dans moins de quatre mois. Le Cameroun qui a accusé un grand retard dans la préparation des infrastructures devant abriter la compétition essaie de se rattraper comme il peut. Mais pour une compétition d’une telle envergure, les infrastructures ne sont pas les seules préoccupations importantes. Le volet marketing demeure essentiel pour son image, pour son prestige mais aussi pour la rendre économiquement rentable. Les activités marketing autour d’un événement sportif comme le CHAN s’adossent sur plusieurs outils importants parmi lesquels : le logo, la mascotte et l’hymne de la compétition. Ce sont les éléments qui constituent l’identité visuelle qui sert à ancrer l’événement dans l’esprit du public. C’est donc dire que de ces éléments, dépend aussi l’efficacité de la communication autour d’un grand événement sportif. Ils ont donc tout intérêt à être attractifs et à véhiculer un ensemble de valeurs partagées. C’est  lorsqu’ils remplissent ces critères qu’ils peuvent faciliter le succès des gadgets et autres produits dérivés autour de l’événement sur lesquels ils seront omniprésents et susciter la mobilisation des entreprises et des marques qui voudront éventuellement s’en servir à des fins publicitaires.

L’accueil réservé à la mascotte « Tara » présentée le samedi 14  décembre  2019 montre qu’elle est bien loin de garantir le succès marketing et donc économique du CHAN que le Cameroun s’apprête à organiser. C’est à se demander si le Comité d’organisation que préside le Ministre des Sports et de l’Education Physique avait bien mesuré l’importance d’une mascotte dans l’appareil organisationnel de la compétition, en portant son choix sur ce dessin hideux que le public rejette avec la plus grande véhémence. Hué et conspué, Tara est la risée du Cameroun et désormais de l’Afrique et du monde. Ainsi mal aimé, l’on n’attendra évidemment pas de lui qu’il apporte une valeur ajoutée à cette compétition, comme l’avait par exemple fait le très médiatique « Super Victor » lors de l’Euro 2016 en France. Son succès auprès du public européen tout entier, des entreprises et des marques n’était plus à démontrer. Si en plus d’intervenir assez tard pour servir de support à une vaste opération de communication et de marketing autour du CHAN la mascotte Tara ne séduit pas, il est loisible de commencer à s’inquiéter de l’image que renverra  la compétition.

Tout ceci montre à suffire que la rentabilité de cette compétition n’est pas à l’ordre du jour au niveau du COCAN. A ce jour, il ne souvient à personne d’avoir entendu parler d’une société commerciale créée pour gérer l’événement. La mise sur pied d’une telle structure pouvait permettre au Cameroun d’aller chercher, en dehors des revenus de la billetterie que l’on sait dérisoire, d’autres ressources financières pour tout au moins amortir les dépenses colossales consenties par l’Etat pour permettre au pays des Lions Indomptables d’accueillir ce grand rendez-vous sportif. Cette négligence déjà observée en 2016 lorsque le pays devait organiser la CAN Féminine est en train d’allègrement se répéter. Et pour la CAN 2021 qui arrive aussi à grands pas, l’on ne sent pas venir un changement d’approche. Quel gâchis !

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