A 24 heures du duel tant entendu entre Coton sport et Canon de Yaoundé, à Garoua, le coach Jean Sébastien Bata Ntjam est sous le charme de la refondation des Mekok me Ngonda.

Voyant les efforts du nouveau management du Canon, et les moyens mis en place pour faire voyager l’équipe en avion pour Garoua, cet ancien entraineur d’Eding sport de la Lekié, tire un coup de chapeau au Canon de Yaoundé et invite les autres clubs à s’en inspirer.

« Pour disputer son match contre Coton à Garoua, les dirigeants du Canon ont tenu à éviter à leurs joueurs et encadreurs le pénible trajet par route et/ou par train vers le Nord. Ils auront besoin de 1h30 maximum pour rallier la capitale de la région du Nord. Vraiment bravo au management du Canon sportif de Yaoundé. Puisse cela faire tache d’huile et servir d’exemple à tous les autres clubs qui peuvent aussi aller dans le même sens avec un peu de volonté, d’organisation et de professionnalisme », écrit Jean Sébastien Bata Ntjam.

Il n’est pas tendre envers quelques présidents de clubs qu’il accuse de perpétuer l’amateurisme. « Le manager moderne travaille en étroite collaboration avec le staff technique. Les joueurs ne peuvent pas dormir à la belle étoile, manquer de quoi manger, être abandonnés à eux-mêmes après une blessure, manquer de primes d’entraînements qui constituent l’unique ration quotidienne, dormir sur un matelas chez une âme de bonne volonté, mais on vient exiger de l’entraineur des résultats. Lorsque Coton voyage par avion et affronte une équipe qui a voyagé par train ou par voiture pendant deux jours, on attend que les joueurs réalisent un exploit et l’entraineur des miracles pour vaincre coton? C’est de ça qu’il s’agit. Arrêtons le vaudou et soyons professionnels jusqu’au bout des ongles. Que les dirigeants cessent de se cacher derrière leur amateurisme et leur mauvais management pour vilipender les entraineurs qu’ils présentent toujours comme les seuls responsables des contreperformances. La réussite se prépare et se construit. Il n’y a pas de hasard en football. Les clubs les plus structurés imposeront toujours leur suprématie. C’est pourquoi je félicite le Canon et beaucoup d’autres clubs qui font des efforts dans ce sens. Le train du véritable professionnalisme est en marche. Tant pis pour ceux qui ne comprennent pas encore que les diverses agitations observées autour de notre football constituent une révolution. Les clubs unipersonnels sont appelés à disparaître au profit de ceux qui se seront arrimés à la modernité. Vraiment bravo au Canon et à tous les autres clubs que je n’ai pas cités pour des convenances personnelles.»

Pour ce technicien local, on ne doit pas faire le procès d’un technicien, s’il n’a été mis dans les conditions de préparation de la victoire. « C’est une chose d’exiger des seuls entraineurs les résultats, ça en est une autre de savoir si on a pris toutes les dispositions en mettant l’équipe dans les commodités nécessaires à la réalisation de bonnes performances. Comme la tomate le jour de la récolte, le match du dimanche n’est que l’aboutissement d’un processus d’engraissage et d’arroge (entendez ici l’entretien et l’encadrement des joueurs et encadreurs en termes de primes, de nutrition, de logement, de soins médicaux tout au long de la saison), afin que ceux-ci soient dans des conditions idoines pour réaliser un bon résultat. Ce ne sont là que les basiques du professionnalisme. On ne reconnaît pas seulement un dirigeant quand il faut crier sur les joueurs ou limoger les entraineurs. Le bon dirigeant c’est celui-là qui au quotidien veille sur la santé et le bien-être de ses joueurs. Est ce qu’ils sont bien logés, mangent bien, n’ont aucun problème extra sportif, ne manquent de rien, ont bien récupéré mentalement et physiquement, et conséquemment, ont de l’énergie nécessaire pour tout donner lors du match du week-end ? » Autant d’interrogations qui méritent des réflexions.

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