Après la Turquie où il a conduit les Lions U17 à un tournoi de préparation du 1er au 16 mars 2019, Libih Thomas vient de boucler la dernière étape de la préparation pour la CAN U 17 2019 au Rwanda. Un stage d’acclimatation qui avait pour but d’opérer les derniers réglages avant le rendez-vous crucial qui débute le 14 avril prochain en Tanzanie. Les dix jours passés au pays de Paul Kagame ont été intenses et l’ancien lion indomptable espère en avoir tiré d’importants enseignements. Dans une interview exclusive accordée à Lion indomptable, il revient sur la préparation et les objectifs du Cameroun qui jouera dans la même poule que la Guinée, le Maroc et le Sénégal.

 

Quel bilan pouvez-vous faire des dix jours de stage d’acclimatation que vous venez de boucler au Rwanda avec la sélection nationale U17 ?

Je suis Thomas Libih, entraineur principal par intérim des U17 en stage au Rwanda. Nous sommes à la fin de notre préparation pour la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Depuis le début de celle-ci, nous avons essayé d’une façon ou d’une autre de pouvoir mettre les pendules à l’heure. Ce n’est pas facile mais je pense déjà qu’il faut saluer l’initiative par rapport à ma demande de pouvoir faire un stage d’acclimatation. Après la Turquie où nous avons fait un parcours passable, c’est vrai que jusque-là on n’avait pas la plupart de nos titulaires parce que les gamins, ils ont été blessés et quand nous sommes revenus, on a refait l’état des lieux. Aujourd’hui, ils commencent à revenir un tout petit peu et on espère que d’ici au début de la compétition, tout ira pour le mieux. C’est vrai, nous avons fait un premier match contre le Rwanda que nous avons gagné ; après, nous avons fait notre deuxième match contre la Tanzanie et toujours sur des fautes individuelles, nous sommes passés à côté de la plaque à la 48ème minute. Je pense que ce sont des choses à corriger, je pense que ça nous arrive un peu plutôt et il faut rester positif, ne pas s’appesantir sur le négatif. Nous mettons un accent particulier sur le positif pour pouvoir trouver des moyens de façon à corriger les erreurs pour nous améliorer. Et maintenant, il faut mettre en place un plan d’action… En tant qu’entraineur de l’équipe, je suis content d’avoir vu un certain nombre de choses, jauger une ou deux choses pour pouvoir corriger en principe après ce tournoi Rwanda. Je pense que ce tournoi pour moi a été très positif en ce sens qu’il nous amène à réfléchir et à corriger un certain nombre de choses.

Vous avez certainement encore en mémoire la débâcle du Gabon lors de la dernière édition en 2017 où votre équipe n’avait pas dépassé le premier tour !

Pour le tournoi du Gabon, nous avons raté la Coupe d’Afrique où nous étions attendus en grande pompe. Au jour d’aujourd’hui, il est important que les joueurs se rendent compte qu’au bout du compte, il y aura un autre jour, il y aura un autre match… Donc, ce qui veut dire que nous devons nous battre tous les jours. L’état d’esprit est ce qui compte le plus et je pense que c’est ce que nous sommes en train de mettre en place pour oublier les échéances passées. Aujourd’hui, c’est essayer de mettre le groupe plus haut, essayer de mettre tous les moyens et faire de chaque match un souvenir pour les années à venir. Malgré les victoires et les défaites, le plus important reste l’expérience. Il vaut mieux perdre avec une équipe où les enfants sont enthousiastes et solidaires, créant une expérience positive plutôt que de gagner dans une mauvaise ambiance avec une équipe divisée. Ce que nous essayons de faire en principe, c’est de réunir les gamins, les mettre ensemble et construire quelque chose de très positif… Pour un nouveau départ, nous devons effacer en principe le tournoi du Gabon et améliorer un certain nombre de choses ; accompagner les gamins positivement dans le métier qui est le leur aujourd’hui. Nous ne sommes plus sur le Gabon, nous sommes sur un effectif que nous sommes en train de monter. Nous ne sommes pas comme le Maroc, avec un effectif de joueurs qui sont venus d’un seul centre de formation, y compris les professionnels qu’ils ont fait venir. Quand vous regardez le Sénégal, c’est la même chose. Mohamed V au Maroc est le centre qui a sorti toute cette équipe. Quand vous allez au Sénégal, c’est Diambars, tout le monde sort du même côté. Quand vous allez par exemple en Guinée, vous vous rendez compte que tous les gamins sortent toujours d’un centre, à part peut-être trois ou quatre. Mais nous, nous avons la multitude des jeunes qui sortent de tous les coins du pays. Mais bon, on a un gros souci, c’est qu’on n’a pas un championnat des jeunes qui se jouent à plein temps. Mais on se bat comme on peut pour pouvoir mettre quelque chose de bien en place. Nous prions notre Dieu tous les jours, nous mettons tous les moyens possibles, tout ce que nous avons et les gamins sont assez conscients. Le plus important pour nous c’est d’aller aussi loin possible dans la compétition et d’oublier les mauvaises traces d’hier… Nous avons besoin de tous les camerounais pour nous accompagner dans ce que nous faisons aujourd’hui dans les prières et ainsi de suite. Je pense que tout le monde sera scotché à partir du 15 sur la Tanzanie et je sais, sans douter de rien que tout le peuple camerounais nous accompagnera. Je suis convaincu que si tous les camerounais sont de tout cœur avec nous, rien ne pourra nous arrêter. Les enfants auront un moral haut, ils seront boostés à plus de 200%. A mon humble avis, je crois que tout ira pour le mieux…

Quel est l’objectif que vous vous êtes fixé pour cette compétition. Faire tout simplement mieux qu’au Gabon ou aller jusqu’au bout ?

Je pense que ce tournoi amical disputé au Rwanda nous a permis d’apprendre, nous avons beaucoup appris grâce aux multiples matches amicaux que nous avons livrés. Et ce, malgré beaucoup de cas de blessure que nous avons, avec des joueurs clés de cette équipe qui n’ont pas joué depuis peut-être trois semaines ou un mois. Et là, on arrive seulement à les récupérer à la fin de ce stage du Rwanda. Dans ce groupe en principe, il y a des gamins qui n’ont jamais voyagé, ils sont parfois surpris de l’environnement quand on sort par exemple du Cameroun. Au jour d’aujourd’hui, je pense que nous avons trop appris, nous avons gagné quelque part en sortant ces gamins de là où ils étaient. C’était très important. Le tournoi nous a permis de corriger un certain nombre de choses, nous allons continuer… Nous voyageons ce soir (samedi soir, NDLR) après  les dix jours passés en terre rwandaise. Nous continuerons en principe tranquillement notre préparation du côté de la Tanzanie. Nous allons y arriver demain (dimanche, 7 avril 2019, NDLR). Nous avons un match amical, notre dernier en principe le 10 avril. Nous allons refaire des corrections et après ce match amical, nous avons quatre jours, avant le match du 15 contre la Guinée pour pouvoir peaufiner un certain nombre de choses. Le groupe est fin prêt et malgré les différents cas de blessure que nous avons, les médecins essaient de faire des pieds et des mains pour essayer de sortir les enfants de ce cancan là et je pense que tout ira, avec la grâce de Dieu. Nous continuons de nous battre comme on peut avec les gamins, à pouvoir mettre quelque chose de bien en place. Nous, on travaille, c’est le plus important, on ne s’attarde pas sur les problèmes. Nous voulons aller le plus loin possible. C’est l’objectif que nous nous sommes donnés avec les gamins, c’est de pousser le bouchon un peu plus loin par rapport au Gabon il y a deux ans. Nous sommes tous conscients… on travaille dans une sérénité totale, on pense que quels que soient les joueurs qui devront être retenus, nous allons essayer de tenir. Nous sommes 23, il y a deux qui devront repartir sur Yaoundé, je pense que ce n’est pas grave pour eux, nous avons essayé de discuter avec certains. On essaie de voir les performances des uns et les autres sur le terrain et je pense que c’est le terrain qui juge tout le monde. On peut se tromper sur un ou deux mais le plus important, c’est de monter la meilleure équipe possible pour pouvoir aller au-delà de nos performances, se qualifier pour la Coupe du Monde parce que c’est l’objectif premier que nous nous sommes donné. Et maintenant, je pense que Dieu va nous accompagner avec tous les efforts que nous sommes en train de mettre sur place. Avec l’aide du Gouvernement camerounais et de la Fédération, je pense que tout ira pour le mieux. Pour le reste, nous allons rester outsider malgré notre nom et par ailleurs, nous continuons notre petit bout de chemin en espérant gravir des échelons.

Propos recueillis par Wiliam Tchango

 

 

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