Dans un univers factice où tout est bien organisé, le vrai faux patron du football camerounais est en grandes difficultés depuis la sortie prématurée des Lions Indomptables à la CAN 2019. En acceptant de jouer le jeu du lobby, il s’est coltiné une mission dont il découvre l’ampleur.  

Quelques jours avant le début de la CAN, le président de la Fédération camerounaise de football, Seidou Mbombo Njoya déclarait que “l’ambition du Cameroun était de conserver le trophée“, deux semaines plus tard, son discours a changé lorsque les Lions Indomptables ont été éliminés en huitièmes de finale par le Nigeria. “Ce sont des choses qui arrivent. Le vice-champion est sorti, le Maroc favori est sorti, la RDC outsider est sorti. Ce sont des choses qui arrivent dans le football. J’ai suffisamment d’expériences pour savoir que le football reste un jeu, il faut un gagnant, il faut un perdant.” Ces déclarations de Seidou Mbombo puent la langue de bois mais ça n’a rien d’un événement. En tout cas, à la fédération camerounaise de football, il y a des responsabilités mais pas de responsables, des culpabilités mais pas des coupables. Il n’y a que des marionnettes à la tête desquelles trône Seidou Mbombo Njoya qui a raison de ne rien assumer. C’est qu’en réalité, il n’est responsable de rien. Le vrai patron du football camerounais est connu de tous. Il suffit de regarder les clichés qui immortalisent souvent leurs rencontres pour savoir qui est le boss. Gestes démonstratifs, mâchoires serrées, les éléments ne manquent pas. Mais aveuglé par des intérêts égoïstes, le pusillanime larbin du lobbying joue le jeu sans bien mesurer les dégâts qu’il se cause à lui-même. On le voit assister, impuissant, en silence, à la prestation de son hâbleur mentor. Il lui a dit de ne rien lâcher quel que soit le psychodrame national que  cette élimination précoce va provoquer. Les yeux sont donc désormais déjà rivés vers le prochain gâteau.“Le pays tout entier, la Fécafoot, le ministère des sports et l’Etat préparent ces deux grands événements que sont le CHAN et la CAN Total 2021. Par conséquent, il est important au sortir d’une compétition comme celle-ci de se projeter sur l’avenir et penser à corriger tous les manquements et voir quelles ont été les erreurs pour qu’elles ne reproduisent plus dans l’avenir. Donc, aujourd’hui, l’heure est au bilan. Un bilan ne se fait pas comme ça, il faut réunir toutes les données, s’asseoir. Moi je parle au nom du comité exécutif, nous allons nous concerter dans les prochains jours pour tirer les leçons de cette double aventure parce que nous sortons d’une coupe du monde et d’une coupe d’Afrique des nations.” Encore des promesses fallacieuses qui riment avec celles qui ont été serinées au sujet du partenariat avec le Coq sportif dont les clauses sont attendues en vain.

Ni maître ni Dieu

Un des principes essentiels de la FIFA est posé à l’article 13, 1, g) des statuts. Toutes les Associations qui y adhèrent s’engagent à “diriger leurs affaires en toute indépendance et veiller à ce qu’aucun tiers ne s’immisce dans leurs affaires”. Et ce tiers, dans l’esprit de la FIFA, c’est avant tout l’État du pays concerné.Cela ne donne pas le droit aux associations membres de la FIFA de traiter leurs Etats comme des cons. Prendre les gens pour des imbéciles peut être un jeu amusant mais il faut savoir cesser. La Fécafoot connaît aujourd’hui l’une des pires gestions de son histoire. Son fonctionnement est proche de celui d’une dictature et son vrai président se comporte comme un demi-dieu. Le public mérite un peu de transparence et non de l’arrogance ou de l’outrecuidance. Faut-il y ajouter de  la diversion pour être en phase avec l’actualité qui vient d’accoucher d’une décision suspendant à vie de toute activité relative au football l’ancien président Tombi A Roko. Mais la colère du public est bien trop grande pour mériter un tel délassement.

Par T. SANKARA

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