Grâce à sa brillante victoire (3-0) obtenue le samedi 23 mars 2019 au Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé  face aux Comores, le Cameroun a décroché son ticket pour la Coupe d’Afrique des Nations Egypte 2019. Les Lions indomptables, dominateurs d’un bout à l’autre de la partie ont certes gagné avec la manière. Mais il serait imprudent de verser dans une sorte de triomphalisme, à la seule lumière de ces performances face au 142ème du dernier classement FIFA, publié le 7 février 2019.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que plusieurs failles restent perceptibles dans le groupe Cameroun, qui pourront s’avérer préjudiciables face à des grandes nations.

Un axe central en quête de stabilité

Si les Lions Indomptables n’ont pris aucun but face aux Comores samedi dernier, c’est bien plus grâce à la frilosité de l’attaque comorienne qu’à la solidité défensive des tricolores. La paire Ngadeu-Yaya Banana expérimentée depuis un moment dans l’axe, souffre d’un déséquilibre criard. Si Michael Ngadeu se montre généralement peu reprochable, ce n’est pas le cas pour le défenseur de Panionios dont les multiples déchets se noient furtivement dans les belles couvertures de son compère. Dans cette configuration, il suffit d’avoir le vice-capitaine des Lions en baisse ou en petite forme pour que l’irréparable se produise. Clarence Seedorf doit pouvoir trouver une solution stable dans ce secteur névralgique avant le rendez-vous égyptien prévu dans un peu plus de deux mois. Jérome Onguene de Slazbourg et Dawa Tchakonte apparaissent comme deux solutions de rechange dans ce secteur de jeu. Le technicien batave dormirait tranquille si Nicolas Nkoulou et Joël Matip acceptaient de renouer avec le maillot tricolore. Pour le moment, le retour de ces deux cadors relève de l’illusion.

Un milieu à plusieurs vitesses

Si Georges Constant Mandjeck a réalisé son meilleur match sous l’ère Seedorf samedi face aux Comores, cela est loin de gommer les carences exécrables observées dans son jeu depuis un moment. Le milieu du Maccabi Haifa que l’ancien milieu du Milan AC s’entête à utiliser depuis son arrivée reste le maillon faible de ce compartiment de jeu. Quel que soit le système de jeu utilisé, la place de l’ancien strasbourgeois, généralement cuit avant l’heure de jeu, en plus de ses déchets irréparables, serait, au meilleur des cas, aux côtés de son entraineur. Kunde Malong transpire pourtant une certaine assurance. Sa fougue et sa détermination en plus de ses qualités techniques appréciables constituent des atouts plus qu’importants. Mais le fait de laisser perdurer l’injustice pourrait casser l’enthousiasme du  jeune milieu de Mayence en Bundesliga. André – Franck Zambo Anguissa et Arnaud Djoum sont certes généralement rassurants mais le vide laissé par Sébastien Siani, rompu au rôle de stabilisateur reste perceptible.

Une attaque sans tueur

Avant la large victoire de samedi face aux Comores, le bilan offensif de Clarence Seedorf n’avait rien de flatteur (2 buts en 5 matches). Les trois buts de samedi ne sauraient être synonyme d’une efficacité offensive retrouvée tant la défense des « Cœlacanthes » a prouvé sa générosité. Depuis la blessure d’Aboubakar, les Lions restent en quête d’un buteur constant. Eric-Maxim Choupo Moting est le seul à s’être  illustré à deux reprises depuis l’arrivée du nouveau staff technique. Les autres attaquants régulièrement convoqués à l’instar de Jacques Zoua ont montré à maintes reprises qu’on avait tort de compter sur eux.

Cohésion de l’ensemble

Au-delà de ces manquements par compartiments, Seedorf devrait travailler « le jeu collectif des lions et l’intensité dans les matches », estime le coach Théophille Feunkou, ex joueur et patron du banc de touche de l’Union Sportive de Douala. Le technicien batave devrait surtout, ajoute-t-il, « trouver la bonne formule dans son groupe, c’est à dire des joueurs qui se complètent et comprennent bien sur le terrain ».

Le capitanat

Depuis son arrivée, Seedorf a opté pour une rotation du brassard de capitaine. Ce qui n’est pas la meilleure formule dans une équipe en quête de confiance. Il est temps que le technicien définisse définitivement le patron des vestiaires qui jouira de toute la légitimité nécessaire pour servir de liant entre les joueurs et les staffs technique et administratif.

 

Michel Ezola

Cameroun – Comores: Les perdants et les gagnants

Edito: Triomphalisme

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