Les championnats professionnels du Cameroun (Ligue 1 et Ligue 2) démarrent le 18 octobre 2019. Plusieurs clubs ont à ce jour bouclé leurs recrutements, alors que la fédération camerounaise de football avait fixé la date du 30 septembre 2019  pour la clôture du mercato. Dans la plupart des pays en Afrique et en Europe, les équipes, pour l’essentiel ont également bouclé leurs effectifs. Mais ils sont nombreux, les anciennes « stars » du championnat camerounais qui n’ont pas pu jusqu’ici s’offrir un point de chute. A Douala, la plupart d’entre elles s’entrainent dans un club baptisé « Dream Team Mbila », mis en place par un technicien camerounais pour leur permettre de garder la forme. Ces athlètes (Loïc Feudjou, Dipita Ebelle, Julien Ebah Tobie, Patrick Ngoula, Gérard Bakinde, Frédéric Bangwen, Roméo Tchamda…) qui ont fait le bonheur de plusieurs clubs camerounais et d’ailleurs s’entrainent tous les jours. Le tournoi amical de présaison organisé cette année par Bépanda Infos a été une occasion pour cette formation de s’évaluer. La victoire en finale devant Bamboutos FC de Mbouda en finale de cette compétition est la preuve vivante que le travail abattu au quotidien porte des fruits. Lion Indomptable est allé à la rencontre de quelques un de ces joueurs pour en savoir plus sur leur situation réelle.

Dipita Ebelle : Trouver un dernier et bon contrat

Après six années de bons et loyaux services avec le Horoya FC de Conakry, l’ex attaquant des Astres de Douala souhaite changer d’air.

Ancien joueur des Astres et de Caïman de Douala, Dipita Ebelle a évolué les six dernières saisons sous les couleurs de Horoya FC, le plus grand club de la Guinée basée à Conakry. Depuis quelques semaines, celui qui a été plusieurs fois meilleur joueur et meilleur buteur du championnat guinéen séjourne à Douala où il s’entraine avec la Dream Team Mbila pour garder la forme. Après avoir conquis le championnat guinéen, il n’a désormais qu’une seule envie : changer d’air. « Je suis toujours avec  Horoya FC, juste que je suis en fin de contrat et on n’a pas encore discuté. Et puis, je ne me suis pas entendu avec mes dirigeants mais je leur ai dit que d’ici la semaine prochaine peut-être même, je vais repartir pour en parler et je ne sais pas si je vais signer là-bas ou aller sous d’autres cieux », a-t-il confié. A 31 ans, l’attaquant camerounais cherche un « dernier bon contrat ».

Mais malgré le championnat d’Afrique des Nations 2020 que le Cameroun organise et qui pourrait constituer une attraction pour beaucoup de joueurs camerounais, il ne semble vraiment pas emballé par l’idée de revenir au Cameroun. « C’est vrai que le football est fait de surprises, il ne faut jamais dire jamais mais sinon, ce n’est pas dans ma vision. Mais, c’est Dieu qui nous dira de quoi est fait l’avenir », réagit-il lorsqu’on évoque son retour dans le championnat camerounais. Habitué à disputer les compétitions africaines avec son club toutes ces dernières années, le natif de Douala ne se voit pas en train de s’engager dans une équipe qui ne prend pas part aux joutes africaines. Pour garder la forme, le buteur qui n’a visiblement rien perdu de ses qualités techniques et athlétiques s’entraine tous les jours avec application.

Gérard Bakinde : Rebondir après deux années de chômage

Depuis son retour d’Angola, il y a deux ans, l’ex milieu de terrain de l’Unisport du Haut-Nkam n’a plus connu de compétition.

Après avoir imprimé ses marques dans le championnat camerounais où il a notamment brillé sous les couleurs de l’Unisport du Haut-Nkam et de l’Union des Mouvements Sportifs de Loum, Gérard Bakinde est allé chercher fortune en Angola, où il a entre autres porté  les couleurs du Progreso Sambizanga. Après avoir passé trois années dans ce championnat, il a dû revenir au Cameroun pour des problèmes personnels. « Je suis revenu pour des problèmes personnels, j’ai d’abord décidé de me reposer et gérer certains problèmes en famille. J’ai eu des opportunités qui n’ont pas marché, je suis resté toujours en jambes grâce au coach Mbila qui nous tient chaque matin pour nous remettre en forme. Maintenant, je suis là, je suis libre, j’entends rebondir quelque part », a-t-il indiqué.

Après deux années passées à la maison, le milieu de terrain réputé pour sa grande intelligence est conscient qu’il doit beaucoup travailler pour retrouver son vrai niveau. En attendant de repartir hors du Cameroun, Bakinde souhaite prendre un nouvel élan dans le championnat camerounais.  « Je sais que je peux faire encore mieux et il faut que je rebondisse quelque part pour mieux progresser », explique-t-il. S’il croit beaucoup à son talent, le milieu camerounais visiblement très pieux n’oublie surtout pas la place de Dieu dans son projet de come-back.  « Ça fait près de deux ans que je ne joue pas et je pense repartir parce que tout est possible à celui qui croit. Je crois à mon talent, je crois à ma volonté et à ce que Dieu peut faire pour moi. Quand vous croyez en Dieu, quand vous croyez qu’il y a un créateur au-dessus de toutes choses, vous ne pouvez pas manquer de foi. Je mets ma foi en Dieu, je sais que Dieu a un temps pour chacun. Peut-être que j’ai eu à commettre des erreurs par le passé, maintenant, il faut que je me recase et me reconcentre pour mieux me relancer », a-t-il indiqué. Il n’attend plus désormais que des sollicitations.

Patrick Ngoula : « Les portes restent ouvertes »

Le défenseur des Astres est tenté par un autre challenge hors du pays.

La saison dernière, Patrick Ngoula officiait dans la défense centrale des Astres de Douala. Mais les Brésiliens de Bépanda, c’est désormais de l’histoire ancienne pour le joueur qui n’a pourtant pas encore réussi à trouver un nouveau preneur, à quelques semaines du démarrage de la Ligue 1. Depuis environ deux mois, le rugueux défenseur a rejoint la « Dream Team Mbila » pour garder la forme aux côtés de plusieurs autres joueurs contraints au chômage. « Les portes restent ouvertes, j’attends juste des sollicitations et après, si on s’entend, je vais m’engager sans problème », confie-t-il à Lion Indomptable. Comme beaucoup d’autres partenaires de cette équipe de remise en forme, le défenseur camerounais semble beaucoup plus tenté par une expérience à l’étranger. « En général, les joueurs de notre Dream Team, ce sont des joueurs qui ont déjà une expérience locale et internationale. Nous avons une expérience, on sait ce que c’est que le championnat camerounais, on va essayer plutôt d’aller vers des championnats étrangers, on a une expérience », a-t-il indiqué. Mais le Championnat d’Afrique des Nations que le Cameroun organise en 2020 constitue l’un des rares arguments pouvant motiver sa signature dans un club du championnat camerounais. « Bien sûr que ça me ferait énormément plaisir de repartir dans une équipe locale pour pouvoir jouer ce CHAN. C’est une compétition qui tient à cœur tout footballeur camerounais. Ça serait toujours avec grande joie si demain ou après-demain, on est convoqué. Ce serait une fierté pour moi et tous ceux qui m’aiment. » Assure Ngoula. Champion du Cameroun 2012 avec l’Union Sportive de Douala, Patrick Ngoula a connu des expériences hors du pays, notamment au Mouloudia Club d’Alger (2014-2015) et à VSS Kosice (D2 Slovaquie) en 2016.

Gabriel Mbila Nogman : « Nous sommes comme une pharmacie pour les clubs »

Fondateur de la Dream Team Mbila, il parle de son rôle auprès des joueurs à qui il permet de garder la forme durant leur période de « chômage ».

Quelle est votre impression après la victoire en finale du Tournoi Fair-Play Bépanda Infos Foot ?

Mes impressions ne sont que celles de quelqu’un qui est satisfait, quelqu’un qui travaille dans l’ombre. C’est normal qu’aujourd’hui, je sois récompensé.

Dans votre équipe, on voit beaucoup d’anciennes vedettes de la Ligue 1 mais qui sont un peu en standby, pouvez-vous nous expliquer comment vous travaillez pour leur permettre de garder la forme ?

Je ne dirais pas qu’ils sont en standby. Par contre, il y a des joueurs qui signent des contrats de trois mois, des joueurs qui font des contrats de six mois, des joueurs qui ont des projets, qui refusent de jouer au Cameroun. Je ne conseillerai pas un joueur de ne pas être compétitif. Maintenant, quel est le travail que je fais ? Ce que je fais, ce n’est que les aménager, les amener à être compétitifs en jouant des matches amicaux et des matches d’évaluation et dès que son contrat est validé, il est parti. Même ici au Cameroun, s’ils arrivent à bien s’entendre et qu’ils ficèlent bien un contrat, ou bien un protocole d’accord de trois mois, quatre mois, ils doivent partir, ils sont là pour ça, c’est un job.

Est-ce qu’au-delà du travail physique et technique que vous faites, est-ce qu’il n’y a pas une dimension psychologique que vous devez y ajouter, sachant que si mentalement, le joueur ne reste pas fort, il est possible qu’il craque ?

Je vous tire un coup de chapeau pour cette question parce que ce n’est pas seulement le travail du terrain, c’est beaucoup plus psychologique, c’est beaucoup plus mental, c’est beaucoup plus psychique si vous voulez parce qu’aujourd’hui, vous allez trouver des gars qui ne sont pas en activité alors qu’ils ont des familles. Ils vivent comment ? Ils font comment pour vivre ? On est obligés de les rebooster, de les travailler encore plus pour qu’ils soient mentalement forts… On les travaille matin, midi, soir même sur le plan spécifique. Si vous arrivez dans notre camp d’entrainement, vous serez surpris. Il y a plus de 60 ballons, il y a le matériel, il y a tout.

On imagine par ailleurs que votre téléphone ne cesse de crépiter avec les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 qui parfois veulent renforcer leurs effectifs. Quelles sont les relations que vous entretenez avec les présidents de ces équipes ?

Je pense que c’est très simple. Dans la vie active, il y a les pharmacies. Coach Mbila a une pharmacie et c’est chacun qui vient faire sa demande, c’est chacun qui vient en fonction de sa maladie et le coach Mbila le satisfait. J’ai aidé Unisport du Haut-Nkam, j’ai aidé Aigle de Dschang, toutes les équipes. Je pense que je suis là pour ça.

Bamboutos de Mbouda : Le Comeback d’Arouna Dang A Bissene

Super coupe du Cameroun : UMS et Stade Renard ont rendez-vous avec l’histoire

Share This