Le président de la FIFA persiste et signe avec ses grandes idées sur l’essor véritable du football africain. Gianni Infantino ne s’est pas arrêté seulement sur les compétitions internationales de la CAF mais aussi sur les compétitions interclubs. Sa réforme à lui, c’est de mettre sur pied une vraie ligue panafricaine de clubs (20 à 24 équipes) qui vont pouvoir aligner un budget minimum et le tout devrait générer près de 200 millions de Dollars. De Kinshasa (aux 80 ans du Tout Puissant Mazembe) à Salé au Maroc le 02 Février dernier, et même ce lundi à Budapest (au cours d’un meeting avec l’AIPS, association international de la presse sportive) le patron du football mondial n’a cessé de vanter sa vision stratosphérique pour le football africain. 

Une Super League Africaine de clubs, à quoi peut-elle bien renvoyer ? On sait pourtant qu’actuellement se dispute la Champion’s League Africaine, compétition réservée aux meilleures équipes du continent (qui on soit terminée championne, soit deuxième de leur pays). Le président de la FIFA avoue implicitement qu’elle n’est pas satisfaisante du point de vue financier, d’où cette réforme : « Créer une vraie ligue panafricaine des clubs. Une ligue qui couvrirait tout le continent, avec 20 à 24 clubs. Avec, peut-être, au maximum deux équipes par pays. Ces équipes continueraient à évoluer dans leurs championnats nationaux en parallèle. De cette façon, à l’issue de la saison, nous pourrions couronner le champion d’Afrique. […] Une super ligue africaine pourrait générer du jour au lendemain au moins 200 millions de revenus commerciaux par an. » A-t-il affirmé à Salé au Maroc devant les dignitaires de la CAF.

Super League Africaine : un cercle fermé

A bien analyser les propos du patron du football mondial, on devrait se retrouver avec une compétition d’élites. D’un, ne pourrons y prendre part que des équipes avec un budget colossal permettant de se déplacer dans toute l’Afrique pour affronter leurs adversaires parallèlement avec le championnat national de leur pays en cours. De deux, le modèle sera certainement calqué sous le format de la NBA où on retrouve les mêmes équipes chaque saison. Ayant une plus grande visibilité et de plus grandes revenues, ces 20 ou 24 clubs pourront signer et retenir les meilleurs joueurs du continent africain qui cesseront alors de tenter même les opérations les plus foireuses en Europe où dans toutes les autres parties du globe terrestre. Une idée louable, mais…

L’on risque de se retrouver de nouveau avec les clubs d’Afrique du Nord et d’Afrique Australe qui dominent déjà la Champion’s League CAF parce que dotés de plus de moyens financier. Quelle est la réelle politique à mettre en place sur le terrain pour que certains meilleurs clubs d’autres régions de l’Afrique puissent se hisser presqu’au même niveau financier que les autres ?

Avant de lorgner la somme mirobolante de 200 millions de dollars de revenus, il serait judicieux de murir encore le projet avant que la CAF, si elle le souhaite, ne se lance dans cette « Super League Africaine » qui peut être le vrai coup de moteur qu’attend depuis des années le football local en Afrique. Gianni Infantino semble le penser ainsi.         

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