Invité de l’émission « 100% Foot » lundi soir sur Equinoxe Télévision, le technicien camerounais, ancien lion indomptable a raconté le film de son limogeage de l’encadrement technique de la sélection nationale fanion en 2016. Il soutient, à travers son expérience qu’il n’y a pas un processus normal et clair pour devenir sélectionneur ou joueur de l’équipe nationale du Cameroun.

Recruté au sein de l’encadrement technique des Lions Indomptables après la foireuse Coupe du Monde Brésil 2014, Bonaventure Djonkep a été l’un des adjoints du sélectionneur allemand Volker Finke, puis, d’Alexandre Belinga qui assurait l’intérim pendant quelques temps après le départ du technicien germanique. Contrairement à Alexandre Belinga qui avait été maintenu dans le staff à l’arrivée du technicien belge Hugo Broos, l’ancien lion indomptable avait été dégagé par les dirigeants du football camerounais. Son seul pêché : avoir répondu à l’appel à candidature lancé par la fédération camerounaise de football pour le poste de sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun. Invité de l’émission 100% Foot lundi soir sur les antennes d’Equinoxe TV, le technicien camerounais est revenu sur cette histoire rocambolesque pour montrer qu’il n’existe pas « un processus normal et clair pour devenir sélectionneur ou joueur de l’équipe nationale du Cameroun ».

Le récit de Bonaventure Djonkep

« Nous avons travaillé aux côtés de Volker Finke pendant deux ans jusqu’à ce qu’un autre matin, on me dit que Volker Finke est parti et que c’est Alexandre Belinga qui devient le numéro 1 et moi, l’adjoint de Belinga. On est allé jouer à Niamey au Niger et ce jour-là, le Cameroun a gagné 3 buts à 0. Mais ce jour-là, j’ai constaté une chose : au chemin retour dans l’avion, pendant tout le trajet, ni le Ministre, ni le président de la Fédération ne nous ont adressé les félicitations. Ils passaient pour aller féliciter les joueurs derrière, sans rien nous dire parce que nous étions en première classe. C’est là où je dis à Belinga que cette affaire sent du roussi, ils ne sont pas contents. Ils nous ont mis là pour faire partir l’autre et certainement, ils sont en train de chercher un remplaçant. Et quelques temps après, ils ont lancé un appel à candidature. C’est là que tout se passe. Quand ils lancent l’appel à candidature, j’appelle Belinga pour lui demander s’il l’a vu, il me dit oui et je lui demande comment il compte faire et il m’a dit qu’il ne postule pas. Je lui dis : si tu ne postules pas, on va faire comment pour te garder en poste ? Je lui demande ce qu’il me conseille, il me dit : si tu veux, tu y vas… J’ai appelé Michel Kaham qui est le président de l’association des entraineurs de football, il m’a dit : c’est un poste individuel, tu postules, si tu penses que tu peux et tu ne postules pas quand tu estimes que tu ne peux pas. C’est ainsi que je prends ma fiche, je fais ma demande et j’envoie via les canaux qu’on avait mis en place. Et un jour, on est à l’inauguration du stade de Limbe, je rencontre le président Franck Happi (Union de Douala, NDLR) qui me dit : « Rep, tu as encore fait une bêtise ». Je demande laquelle et il me répond : « qui t’a dit de postuler comme entraineur national ? » Je lui demande si je n’ai pas le profil, il me dit : « Vraiment, tu as mal fait parce que le président Tombi est très fâché, il ne voulait pas que tu postules ». Je crois, un mois après, j’apprends qu’on a nommé le belge Hugo Broos et qu’Alexandre Belinga est son adjoint. Et comme j’ai postulé pour être principal, je me suis retrouvé au quartier. Je suis allé voir le président Tombi pour demander la faute grave que j’ai commise, il me dit qu’il avait demandé qu’on ne postule pas. C’est comme ça que je me suis retrouvé au quartier et ça fait quatre ans que je suis au quartier pour avoir postulé pour être sélectionneur des Lions Indomptables. Il y a beaucoup de choses dans ce pays (rire). Donc, je vous dis qu’il n’y a pas un processus normal et clair pour devenir entraineur ou pour devenir joueur en équipe nationale. »

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