Au cours d’une conférence de presse donnée mercredi au lendemain de la décision de mettre fin à toutes les compétitions de football sur le triangle national en raison du Coronavirus, le patron du Comité technique transitoire (CTT) l’institution qui gère les championnats professionnels a essayé d’éclairer quelques zones d’ombre autour de la décision du Comité exécutif. Quelques extraits de ses déclarations.

Sur ce qui justifie l’arrêt des compétitions

Cette décision a été douloureuse pour nous parce que quand vous organisez une compétition, votre objectif est d’aller au bout de cette compétition et que les sanctions sportives soient prononcées sur le terrain et non et non de manière administrative. C’était notre ambition mais maintenant, il y a une pandémie du Covid- 19 qui frappe la planète entière, c’est un risque énorme et pour des raisons de santé que nous avons placées au-dessus de toutes autres considérations, il a bien fallu prendre ses responsabilités et prendre des décisions, aussi douloureuses soient-elles. Donc, nous avons décidé au niveau des championnats professionnels, d’arrêter les compétitions au niveau où elles se trouvent. Vous savez, ces compétitions étaient pratiquement à leur terme, il restait trois journées à jouer au niveau de l’Elite Two, avec des clubs à qui, il restait deux matches. Au niveau d’Elite One, il restait six journées à jouer. Donc, c’est des compétitions qui sont rendues pratiquement à leur terme et où il est possible de voir les positions des clubs et d’en tirer des conséquences. C’est vrai, on aurait souhaité que ces compétitions aillent à leur terme mais pour les raisons qu’on a évoquées, ce n’est pas possible. II a fallu prendre cette décision douloureuse.

Qu’en est-il des championnats amateurs ? La configuration n’est pas la même. Il y a une région qui n’avait pas commencé, les autres ont commencé, deux ont joué certains matches de la phase aller et les 7 autres régions étaient dans la phase retour. Ces championnats ont été annulés. Comme vous le savez, au niveau régional, la plupart des championnats se jouent en plusieurs poules. Si on avait pris la décision d’arrêter comme on l’a fait au niveau de la première division et de la deuxième division, comment vous allez déterminer les champions ? Ce n’était pas possible. Donc, la décision de sagesse, c’était d’annuler ces championnats, il n’y a aucun club qui va monter des championnats régionaux vers le championnat national de deuxième division. Par contre, au regard des efforts qui ont été fournis par tous ces clubs-là, durant toute la saison ; les clubs qui se sont affiliés, qui se sont engagés, qui ont joué, nous avons pris des mesures par rapport à ces clubs-là, ils seront réaffiliés d’office, sans frais pour la saison prochaine, les licences qu’ils ont eues à payer seront considérés aussi pour le même nombre la saison prochaine, il y aura des mesures d’accompagnement que nous sommes en train de discutées tous ensemble au niveau du comité exécutif pour accompagner ces clubs-là. Voici les dispositions qui sont prises. Il y aura bel et bien 12 clubs en Elite Two la saison prochaine et 20 clubs en Elite One.

Sur l’identité du deuxième d’Elite One

Nous sommes la fédération, nous gérons le football, nous ne pouvons pas être responsables de ce que chacun peut raconter sur les réseaux sociaux. Chacun est libre aussi de faire un classement et de dessiner des scénarii, il y a beaucoup de scénarii possibles et qu’on veut utiliser. A partir du moment où la compétition s’arrête et ne peut pas continuer, nous nous retrouvons dans un cas difficile et pourtant, il faut prendre une décision. Quand vous prenez une décision, il y a toujours des gens qui estimaient qu’ils sont en course pour le titre ou les places africaines. Même ceux qui sont derrière peuvent estimer qu’ils pouvaient passer devant, c’est tout à fait légitime. Et les clubs qui étaient relégables, pouvaient aussi penser légitimement qu’ils pouvaient se sauver et d’autres pouvaient plonger. Donc, il fallait analyser tout ça froidement et prendre des décisions et dans la décision que nous avons prise, on n’a utilisé aucun coefficient dans le classement, on a fait aucune pondération, c’est le classement au terme de la 28ème journée, telle qu’elles se sont jouées, avec les points qui ont été obtenus. Il est quand même patent aujourd’hui de dire que les équipes qui étaient en tête étaient des équipes qui ont été régulières tout au long de la saison et elles ont prouvé qu’elles méritent d’être à ces places. Peut-être que d’autres qui n’y sont pas méritent aussi mais globalement, c’était quand même la solution qui présentait le plus d’éthique, d’équité et de morale sportive. Nous avons décidé que personne ne descend parce que nous avons estimé pour les quatre clubs menacés de relégation, que le championnat était suffisamment serré pour qu’ils aient l’occasion de se sauver lors de ces six dernières journées… C’est dommage, on aurait aimé que ce soit le terrain qui décide de toutes ces choses-là…

Sur l’affaire de la Colombe du Sud, je m’en suis d’ailleurs expliqué avec les dirigeants de Colombe qui sont parfaitement au courant de la situation. Comme vous le savez, cette année, au niveau du Comité Technique Transitoire, nous avons pris un ensemble de mesures pour protéger l’intégrité de la compétition. Parmi ces mesures, nous avons décidé et cela a été confirmé au niveau du Comité exécutif et à l’assemblée générale de la FECAFOOT, que la liste de tous les joueurs qui participent à nos championnats professionnels allait être publiée à l’issue de la phase aller et qu’un délai de 14 jours allait être octroyé aux clubs pour qu’ils puissent faire des réserves de qualification, concernant ces joueurs et qu’au-delà de ce délai, aucune autre réserve de qualification n’allait être acceptée. Ceci, parce que nous avons constaté lors des précédentes années, que systématiquement à la fin de la saison, certaines affaires juridiques viennent polluer le classement et pervertir l’équité sportive. Nous avons fait cela pour préserver la compétition et tout le monde est au courant. Donc, les réserves de Colombe dont il est question, ne sauraient prospérer parce qu’il s’agit des réserves qui ont été faites après un match qui a eu lieu après le délai qui était imparti pour faire des réserves de qualification. Tous les clubs étaient informés, ils avaient la liste des joueurs, leurs filiations, dates de naissance, tout pour faire des réserves et ces réserves-là n’ont pas été faites, il n’y a aucune réserve. Vous pouvez donc considérer le classement à l’issue de la 28ème journée comme le classement sur lequel nous nous sommes appuyés pour prendre cette décision.

Sur le représentant du Cameroun en Coupe de la CAF

Vous prenez un risque en disant que la Coupe du Cameroun ne va pas se jouer. Nous n’avons pas abordé la question depuis que nous communiquons là-dessus.  Je l’ai dit hier sur le plateau du 20h30, que cette décision doit faire l’objet de concertation avec les autorités. Pour le cas de la Coupe du Cameroun, nous attendons voir comment les choses vont évoluer. C’est une compétition qui consacre la fin de la saison sportive, donc, il y a plusieurs parties concernées. C’est une question qui sera discutée plus tard. Pour ce qui est du représentant en coupe de la CAF, la FECAFOOT attend de voir l’évolution de la pandémie et la programmation du calendrier CAF, pour voir si oui ou non se jouera la coupe du Cameroun. Si elle venait à ne pas se jouer c’est sur le mérite sportif que cela se décidera et ce serait alors le deuxième au classement Coton sport de Garoua.

Seidou Mbombo Njoya sur l’arrêt des championnats : « Nous avons fait un choix juste »

Arrêt des championnats: la décision incohérente de la FECAFOOT

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