Dans un long entretien accordé à nos confrères de Panafricanfootball, Arnaud Djoum revient sur son actualité. Le milieu de terrain évoluant actuellement en Arabie Saoudite revient sur la différence entre les trois sélectionneurs qu’il a déjà connu chez les lions indomptables. Ses objectifs pour la CAN 2021 qui aura lieu en janvier 2022.

PAF : A quelques semaines du démarrage de la nouvelle saison, quels sont les objectifs avec votre club ? Je tiens à rappeler que vous avez manqué de peu la qualification pour la Ligue des Champions et vous avez terminé à la 6ème place.

Arnaud Djoum : Pour l’équipe, nous avons mis la barre très haute en jouant pour la 3ème place. Je pense que les dirigeants voudront au moins rééditer cette performance ou faire mieux. Nous allons peut-être devoir jouer pour une place dans le top 5. Personnellement, je voudrai continuer à enchaîner les matches et être décisif comme je l’ai été au cours de la saison qui s’est écoulée. Marquer et délivrer des passes décisives pour aider l’équipe à aller le plus loin possible. Pouvoir jouer la Ligue des Champions serait une bonne chose. Lorsque j’ai été en Europe je n’ai pas eu l’occasion de disputer cette compétition. Je vais me battre pour atteindre cet objectif.

PAF : Peut-être qu’il est un peu tôt d’en parler aujourd’hui, étant donné qu’il vous reste encore une saison dans votre contrat avec Al Raed, est-ce que vous partirez ou alors prolonger au terme de votre contrat ?

Arnaud Djoum : C’est vrai qu’il est tôt pour se prononcer sur mon avenir. J’ai encore un an de contrat avec Al Raed. Cependant, la suite de ma carrière dépend de la saison que je ferai. C’est à moi de faire une deuxième bonne saison et à partir de là, tout est possible. Pour le moment, je me sens bien dans ce club.

PAF : Tu files en Arabie Saoudite, juste après la CAN en Egypte. A ce moment, il y a un camerounais qui évolue en Arabie Saoudite notamment Léandre Tawamba. Est-ce que vous avez discuté avec lui avant de prendre votre décision de signer à Al Raed ?

Arnaud Djoum : Quand j’ai reçu l’offre d’Arabie Saoudite, je l’ai mise sur la table avec les autres offres que j’avais reçues d’Europe et d’un peu partout. Je me suis renseigné sur l’Arabie Saoudite. Je savais que Tawamba était là-bas et je lui ai demandé comment ça se passait pour lui là-bas. Il m’a dit du bien de ce championnat. Je me suis dit pourquoi ne pas tenter l’expérience saoudienne. En plus dans le club il y a un staff belge qui travaille de manière professionnelle. On peut le voir à travers nos performances de cette saison. Ce sont ces facteurs qui m’ont guidé dans mon choix de venir à Al Raed.

PAF : Après la CAN 2017 et avant la CAN 2019, votre nom a été associé à des clubs de Ligue 1 en France, de première division belge, mais finalement vous faîtes le choix d’aller en Arabie Saoudite. Est-ce que l’aspect financier n’a pas été le facteur déterminant dans votre prise de décision ?

Arnaud Djoum : Après la CAN 2017, j’ai été sollicité un peu partout. Malheureusement ça ne s’est jamais fait parce que le club écossais auquel j’appartenais ne voulait pas le lâcher à bas prix. Les dirigeants du club avaient de grosses exigences parce que pour eux c’était la première fois qu’un joueur de leur équipe gagnait un trophée aussi important que celui de la CAN. Ça m’a parfois un peu fait mal parce qu’à un moment donné, je voulais passer dans de grands championnats. Après la CAN 2017, il y a un club chinois qui est venu avec une très bonne offre mais j’ai refusé parce le club écossais n’avait pas trouvé d’accord avec le club de Chine. On dit très souvent que les joueurs ne pensent qu’à eux et ne veulent que l’argent mais si ce n’était que l’argent qui m’intéressait, à ce moment j’aurai tout fait pour partir dans ce club. A l’époque j’avais encore envie de jouer en Europe. Avec le club saoudien, les accords ont été trouvés avec les écossais, j’ai donné mon accord et tout le monde était content.

PAF : Avant d’aborder les questions sur la sélection nationale, on va reparler du Coronavirus. Il y a quelques mois, André Onana a annoncé qu’il y avait une concertation entre vous, coéquipiers de l’équipe du Cameroun, afin de venir en aide aux camerounais touchés par le Covid-19. Où en êtes-vous avec cette action ?

Arnaud Djoum : J’ai effectivement pris part aux échanges avec mes coéquipiers de la sélection nationale. C’était dans le cadre de notre groupe whatsapp. On en parle régulièrement, le problème c’est de trouver la manière de pouvoir mener cette action. Il est très important pour nous d’aider notre peuple. L’action que nous entendons mener tarde à se matérialiser à cause des agendas de tout un chacun. Le prochain rassemblement sera important, les discussions pourront se faire face à face pour trouver la solution.

PAF : On va rebondir sur la sélection nationale. Vous aurez 33 ans en 2022 l’année où se jouera la CAN au Cameroun. Cette compétition reste un objectif …

Arnaud Djoum : Oui bien sûr. Je pense que j’aurai 32 ans au moment de la CAN. Mais tout dépendra de mon corps. Ce n’est pas seulement une question d’âge, je peux aussi apporter mon expérience. Que ce soit en club ou en sélection nationale, il y a toujours des joueurs d’expérience dans les groupes. Un mélange entre des jeunes joueurs et des joueurs d’expérience a toujours donné de bons résultats. Je devrai être performant sur le terrain et en dehors, encadrer la jeune génération. Si je suis à 100% physiquement, je serai toujours prêt à répondre à l’appel du Cameroun.

PAF : Après votre décision d’aller en Arabie Saoudite, plusieurs observateurs ont dit que vous hypothéquiez vos chances de revenir en sélection mais jusqu’ici vous avez toujours été appelé. Est-ce qu’avec le temps vous ne pensez pas que vous pourriez perdre votre place en sélection ?

Arnaud Djoum : Je serai resté en Ecosse, la question aurait toujours pu être posée. Aucun joueur n’a la garantie qu’elle sera toujours appelée en équipe nationale. Il faut se battre pour obtenir une place et être performant lorsqu’on vous appelle. Lors du dernier match j’ai été performant et on a gagné. La décision de ma convocation revient au coach, que je sois en Arabie Saoudite, en Ecosse ou ailleurs. Peu importe où je me trouve, c’est le fait que je sois performant qui fait en sorte qu’on m’appelle. Si quelqu’un est plus performant que moi c’est celui-là que le sélectionneur convoquera. Le coach me connait, il connait le championnat où je me trouve puisqu’il a entraîné ici.

PAF : Vous étiez de l’expédition de 2017 qui a remporté la CAN au Gabon. Deux ans plus tard vous étiez toujours dans le groupe qui était en Egypte en 2019. Vous sortez en huitièmes de finale. Selon vous qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Arnaud Djoum : C’est une très bonne question. Chaque compétition est différente. En 2017 nous n’étions pas très connus, on a fait quelque chose d’extraordinaire. C’est le destin, c’était écrit que nous remporterions cette compétition. En 2019 c’était une autre CAN avec de nouveaux joueurs et un nouveau staff technique. On a bien commencé la compétition et après on a eu un match en huitièmes contre le Nigéria au cours duquel on manque de réussite tout simplement. C’est ce petit détail qui a fait la différence entre la compétition de 2017 et de 2019. Le brun de réussite on l’a eu en 2017 contre le Ghana, le Sénégal, en finale contre l’Egypte. Pendant la compétition au Gabon, on le sentait ce petit truc là. Ça nous donnait encore plus de confiance en nous. C’est pour cela qu’il était difficile de nous battre. En 2019, la réussite n’était pas de notre côté. Néanmoins, on a tout donné, la préparation était parfaite. Sauf que dans la vie en générale et dans le football en particulier on ne peut pas tout contrôler. Il faut pouvoir l’accepter et continuer à travailler dur pour la prochaine occasion.

PAF : Ca va bientôt faire un an que les Lions Indomptables ont pour sélectionneur Antonio Conceçao. Comment ça se passe avec le technicien portugais ?

Arnaud Djoum : Ça se passe bien. Il a de nouvelles idées. C’est quelqu’un de différent comparé à Hugo Broos et à Clarence Seedorf qui m’ont tenu en sélection. Il donne plus de liberté dans le jeu. On joue beaucoup avec le ballon, il veut qu’on ait la possession de balle. En tant que milieu de terrain, c’est une approche que j’apprécie. J’espère c’est le début d’une belle aventure. On a gagné notre dernier match, c’est encourageant et j’espère que ça continuera ainsi.

PAF : Quelle est la principale différence entre la touche Clarence Sedoorf et celle de Antonio Conceçao ?

Arnaud Djoum : C’est deux profils d’entraîneurs totalement différents. Seedorf, on connaît son passé de joueur. Etant donné qu’il a joué à mon poste, personnellement il m’a beaucoup apporté notamment, dans l’intelligence de jeu et le positionnement. Pour moi c’était un rêve de côtoyer quelqu’un comme lui. C’était une des meilleures expériences de la carrière. Avec Conceçao, c’est un peu différent. Il laisse un peu plus de liberté dans le jeu, il aime qu’on ait la possession du ballon, il veut du beau jeu. Mais, je pense qu’il a besoin de temps pour mettre son style en place.

Avec le concours de Panafricanfootball.com

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