Revenu au Cameroun en provenance d’Europe où il séjournait depuis la fin du mois de novembre, il explique avoir profité de ce moment pour observer un nombre important de professionnels camerounais. Le technicien portugais entend poursuivre ce travail afin de dénicher les meilleurs talents capables d’aider la sélection camerounaise à réaliser les performances attendues lors des prochaines  échéances  qui l’attendent. Les joueurs locaux ne seront pas en reste. Le CHAN qu’il entend suivre avec la plus grande attention se présente pour le lusitanien et son staff comme l’occasion idéale pour puiser chez les amateurs. Il revient également sur bien d’autres sujets dans cette interview exclusive qu’il a bien voulu accorder à Lion Indomptable.

Comment se porte le coach Antonio Conceiçao ?

Je suis tranquille, un peu fatigué parce qu’on a eu beaucoup de travail ces derniers temps. On a un gros travail avec tout le staff technique pour essayer de regrouper le maximum d’informations et de programmer les futures échéances tout simplement. On fait beaucoup de travail pour arriver à choisir un groupe avec une grande cohésion, qui puisse nous donner tout simplement les joies et le succès que nous tous désirons.

Quelle est votre actualité ?

Depuis la fin du mois de novembre, on a insisté sur un travail d’observation, en Europe, on a contacté beaucoup de joueurs, on a observé beaucoup de joueurs jusqu’aujourd’hui. Dans les prochains jours à venir, on a des réunions avec certains joueurs, on a des observations qui ont été faites, on a donné des rapports de ces observations, il y a un dossier qui sera donné au niveau de l’identité qu’on veut implémenter tout simplement au niveau des Lions Indomptables… aussi, on avait programmé pour début janvier une réunion avec des entraineurs locaux, tout simplement pour pouvoir échanger, donner notre expérience, présenter notre façon de voir le football. Mais malheureusement, ça a été repoussé parce que le championnat du Cameroun a été repoussé et les entraineurs n’avaient pas de disponibilité pour pouvoir faire ce séminaire-là. Mais comme je le dis, notre travail, c’est beaucoup d’observation et là, on prépare les futures échéances prochaines qu’on aura avec les Lions. Par rapport à tout ce travail, on est tout le temps avec le Ministère et les responsables de la FECAFOOT, on échange tout le temps, on leur envoie des rapports tout le temps et la programmation de tout ce qu’on fait tout simplement pour qu’ils comprennent le travail qui est fait par tout le staff technique. Moi, je n’ai jamais été un entraineur qui aime apparaitre à la télé ou dans les journaux, j’aime être discret, j’aime travailler secrètement. Je l’ai toujours fait, aussi bien moi que mon staff. Je suis un homme de travail, je ne suis pas quelqu’un qui aime la lumière.

Après le match contre le Rwanda, on a perdu vos traces au point où les camerounais étaient  nombreux à se demander : où est passé le coach Conceiçao ? Où étiez-vous concrètement ?

Après le match face au Rwanda, on est restés ici jusqu’à la fin du mois de novembre, on a suivi le championnat interne. Nous sommes restés ici jusqu’à la fin du mois de novembre à faire notre travail. On peut vous dire qu’on a beaucoup voyagé, on est partis aussi bien en France qu’en Espagne, en Belgique, on a vu des matches de Ligue Europa, des matches de Ligue des Champions… Tout simplement, je ne vais pas vous dire où on a été exactement parce que ça fait partie du secret, par moment, on va voir des matches et les joueurs ne savent même pas qu’on est dans les tribunes en train de les voir. Ça, ça fait partie de notre travail, dans la discrétion. On voyage partout en Europe, partout dans le monde pour découvrir de nouveaux talents.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que vous devez résider la plupart du temps au Cameroun, conformément à ce qui est stipulé dans votre contrat ?

C’est vrai que l’accord demande qu’on réside ici au Cameroun, il est compris mais là, on est en train de finaliser au niveau de notre maison pour pouvoir rester ici. Maintenant, si vous regardez la sélection et les joueurs qui sont au top niveau des footballeurs camerounais, ils jouent tous en Europe. Si le championnat camerounais est arrêté, est-ce que vous pensez qu’on est plus aptes à travailler en Europe et visionner tous les joueurs camerounais ou en étant ici alors que le championnat est arrêté. Tout simplement, nous essayons de voir où nous sommes utiles et de découvrir de nouveaux talents pour l’équipe des Lions Indomptables, tout simplement.

Quel est le premier bilan que vous pouvez faire de vos prospections à travers le monde pour rechercher de nouveaux talents pour les Lions ?

Au niveau du bilan, c’est un bilan positif. Comme on avait vu dès le départ, le joueur camerounais a un gros potentiel individuel et technique. Au niveau de tout ce qu’on peut voir aujourd’hui, c’est très positif. Logiquement, on suit aussi bien les joueurs des U23, que les A’ qui auront le CHAN très bientôt. On suit tous ces joueurs-là. Au niveau du championnat interne, il y a des choses intéressantes et pour que le championnat soit plus compétitif, il faut beaucoup plus d’appuis, même au niveau des terrains, des infrastructures pour que les joueurs puissent se donner plus de potentiel et nous en Europe, à travers le monde, d’avoir le maximum d’informations de tous ces joueurs qui puissent venir représenter les Lions et puis les empêcher aussi d’aller joueur pour les autres sélections. Ça nous éviterait des perdre des perles qui sont des binationaux par exemple.

Devons-nous nous attendre à la convocation de nouveaux talents que vous auriez dénichés au cours de ce périple pour la double confrontation contre le Mozambique au mois de mars ?

Ça, vous allez le savoir dans le bon timing, lors de la liste des prochaines convocations. On est très attentifs aux sélections qu’il y a en dessous de nous, comme les u23 par exemple. Les U23, s’ils existent, c’est tout simplement pour que ces jeunes joueurs puissent évoluer et s’épanouir en étant compétitifs et gagner l’esprit des Lions pour pouvoir mieux nous représenter. On a un cas, celui de Simon Omossola le gardien de but qui est dans les U23 et aussi dans l’équipe du CHAN. C’est un travail qui est graduel, un travail qui demande du temps et tout simplement, vous allez voir ça dans les prochains stages. Toutes les grandes sélections mondiales travaillent avec la formation, ils ont des équipes nationales des U15 jusqu’aux U23 et c’est dans ces groupes de joueurs que la plupart des sélections vont chercher ces joueurs qui soient vraiment aptes à représenter. C’est un travail de formation et de continuité, c’est normal.

Etes-vous satisfaits des performances des professionnels camerounais actuellement dans leurs championnats en Europe et dans le monde ?

On veut toujours plus des joueurs, on leur exige le maximum de performances. On exige toujours aux joueurs d’être les meilleurs, les plus performants possibles aussi bien dans leurs championnats que dans leur équipe. Moi aujourd’hui, j’ai des choses très positives, en étant toujours le plus ambitieux possible. Il est vrai que nous faisons un travail de fond qui n’est pas toujours visible aux yeux de tout le monde. Mais c’est un travail très compétent de notre part pour pouvoir choisir les meilleurs, fermer le groupe le plus possible pour qu’on ait une équipe forte, compétitive, un groupe uni, former une famille pour qu’on soit les meilleurs pour la CAN et pour la Coupe du Monde.

Comment avez-vous vécu vos premiers mois à la tête de la sélection des Lions Indomptables ?

Evidemment, les premiers mois, c’est beaucoup de travail, beaucoup de voyages. En même temps, on fait ce qu’on aime parce que si on ne se sentait pas bien ici, ou alors on ne faisait pas ce qu’on aimait, on serait partis depuis très longtemps. On est là parce qu’on aime bien travailler, on adore ce qu’on fait.

Avez-vous le sentiment que quelque chose a changé, sur le plan du jeu depuis votre arrivée ?

Par rapport au passé, je ne veux pas parler, je vais parler simplement du jour où j’ai pris la sélection. Je vais me focaliser sur le présent. C’est à partir du moment où on a été invités à venir travailler avec les Lions Indomptables et le futur, c’est là où on veut ramener. Ce que je veux, c’est que l’équipe pratique un beau football, un football positif et qu’on gagne le plus possible. Ça, c’est ce qui me préoccupe le plus. On a plusieurs idées, plusieurs systèmes de jeu qu’on travaille, on idéalise en fonction des joueurs qu’on convoque et on travaille aussi la possibilité d’avoir un autre système par rapport aux joueurs pour l’implémenter dans la sélection. Pour donner une identité de jeu à une équipe, que ce soit ici ou partout dans le monde, il faut du temps. Dernièrement, on n’a pas eu trop de temps avec les joueurs, ils sortent des clubs, ils n’ont pas eu le temps, ils sont deux jours avec nous mais on espère qu’au fil du temps, on  va pouvoir implémenter nos idées et pouvoir mettre les joueurs dans de meilleures conditions pour exprimer leur football.

Vous évoquez l’identité de jeu alors que beaucoup d’observateurs attendent de découvrir la touche Conceiçao, estimant que depuis votre arrivée, vous vous êtes appuyés essentiellement sur les mêmes joueurs que le staff précédent. Il n’y a pas mieux que ça pour le moment ?

Par rapport au passé, tout n’était pas mauvais, il y avait de bonnes choses et on ne peut pas mettre ça de côté. Partout dans le monde, un sélectionneur, lorsqu’il arrive, il ne peut pas faire table rase sur tout ce qu’a fait son prédécesseur, il ne peut pas laisser tous les 23 joueurs convoqués par celui qui l’a précédé pour convoquer 23 nouveaux, ça, ça n’existe nulle part dans le monde du football. Mais jusque-là, vous devriez être attentifs parce que sur les trois matches qu’on a eus, on a eu une touche personnelle avec de nouveaux joueurs arrivés. Je peux vous citer les exemples de Moukoudi, Mbambok, Ganago, John Mary, Omossola… ça, ce sont déjà six joueurs en trois matches. Mais pour moi, ça ce n’est pas important. Je ne me focalise pas sur ma touche personnelle. Ma touche personnelle, c’est trouver l’équilibre et le meilleur pour que l’équipe puisse gagner. C’est ça, le plus important. Tout le monde veut gagner. Vous voulez gagner, le public veut gagner, les joueurs veulent gagner, les dirigeants veulent gagner, nous le staff, on veut gagner, allons tous dans le même chemin pour être plus forts.

Les Lions amateurs préparent le CHAN au Cameroun au mois d’avril. Est-ce que ce n’est pas une belle occasion pour aller puiser parmi les meilleurs talents locaux ?

On a déjà suivi le championnat interne, on a été déjà voir les entrainements des Lions A’ ici à Yaoundé, et logiquement, on va être présents au CHAN pour voir la capacité des joueurs, voir s’ils sont aptes à pouvoir représenter l’équipe principale. Ils ont une opportunité de jouer devant leur public une bonne compétition, à eux de se battre et de montrer qu’ils sont capables d’aller plus haut. S’il y a un joueur qui se détache et qu’on voit qu’il a la capacité, tant mieux pour nous, bien sûr qu’il sera appelé. Maintenant, ça dépend de ce qu’ils vont nous montrer.

Le voile a été levé récemment sur la composition des groupes des éliminatoires du Mondial 2022. Le Cameroun devra évoluer dans le groupe D en compagnie notamment de la Côte d’Ivoire. Ce sera difficile pour les Lions n’est-ce pas ?

Logiquement, c’est un groupe équilibré et difficile. La Côte d’Ivoire, c’est une équipe qui, par tradition est toujours forte et qui a l’ambition d’aller en Coupe du Monde. Le Mozambique c’est une nation qui est en train de monter en puissance. Là, on va aussi les joueur lors des éliminatoires de la CAN et on va avoir la possibilité de voir aussi bien leur niveau et le nôtre aussi par rapport à eux. Mais logiquement, on a l’ambition d’amener cette équipe à la Coupe du Monde, à nous de pouvoir tout mettre en œuvre pour terminer leader de ce groupe et aller le plus loin possible.

Récemment, le Ministre des Sports et de l’Education Physique a rencontré Nicolas Nkoulou et lui a signifié le vœu de le voir revenir en sélection. Il a aussi reçu le papa de Joël Matip à qui il a passé le même message concernant le défenseur de Liverpool. Avez-vous souhaité le retour de ces deux défenseurs camerounais au sein des Lions Indomptables ?

Depuis le début, j’ai toujours dit que les portes de la sélection étaient ouvertes à tous les joueurs. Ce qui s’est passé par le passé, s’il y a eu conflit ou pas, ça ne me regarde pas. Il est vrai que certains joueurs ne se sont pas montrés disponibles par rapport à des choses qui se sont passées avant et Matip et Nkoulou sont deux joueurs qui sont dans cette situation. Le premier pas donné par le Ministre en les recevant est un point positif pour tout le monde. Et maintenant, s’ils sont aptes et ouverts à venir représenter les lions, nous pouvons les convoquer s’ils le désirent.

Que prévoit votre programme avant la prochaine sortie du Cameroun au mois de mars ?

Dans les prochaines semaines, on va continuer notre travail d’observation. On a des voyages prévus pour la Belgique, et aussi pour le championnat de France. On va  également avoir une réunion en Italie avec Nicolas Nkoulou tout simplement pour pouvoir le connaître et lui parler les yeux dans les yeux, pour voir s’il est apte et disponible à venir représenter la sélection. En mars, on a la préparation et les deux matches contre le Mozambique et au mois d’avril, il y a le CHAN… Et on va déjeuner et diner aussi (rire…) parce que ça fait partie du travail aussi, tout simplement…

Merci beaucoup

Il n’y a pas de quoi !

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