Entraineur des Astres de Douala, il revient sur l’injustice subie par son équipe, obligée d’évoluer cette saison en Elite Two malgré les décisions de justice qui les maintenaient à l’étage supérieur. Le technicien camerounais parle également du parcours héroïque de cette formation qui a confisqué depuis fort longtemps le leadership dans un championnat souvent considéré comme un enfer. Nous l’avons interrogé au terme de la large victoire (5-0) obtenue face au Dynamo de Douala, à l’occasion de la 26ème journée de l’Elite Two.

Une victoire 5-0 face au Dynamo de Douala, c’est une véritable démonstration !

Nous avons essayé de tout faire pour maintenir l’écart qui était de six points mais également en guise de revanche parce que cette équipe de Dynamo nous avait damé le pion à l’aller. On était un peu plus revanchards et je crois que nos joueurs ont démontré cela sur le terrain.

C’est une victoire qui vous rapproche un peu plus vers l’Elite One !

Oui, dans la mesure où il reste maintenant trois matches contre AS Matelots, le Léopard et contre Ngaoundéré FC à Ngaoundére. Donc, si sur les trois matches, nous gagnons deux, mathématiquement, on peut commencer à mettre le champagne au frais. Mais nous avons un président qui est très exigeant, Monsieur Kamdem Dieudonné. Il nous a demandé de ratisser large et de ramener pratiquement tous les points, c’est ce que nous essayons de faire tout en respectant les adversaires.

Au-delà de votre large victoire, avez-vous été satisfait du contenu de la partie ?

Oui ! Au niveau du contenu, lorsque vous réussissez quand même à marquer quatre buts sans que l’adversaire ne vous inquiète à un seul moment, et qu’au finish, vous marquez le cinquième but, ça veut dire que dans l’ensemble, on peut être heureux  de la manière avec laquelle le jeu a été géré. Vous voyez que c’est à force de presser l’adversaire que lui-même a commis beaucoup d’erreurs individuelles. La plupart de nos buts sont arrivés par des erreurs individuelles. A un moment donné, nous n’avons pas lâché prise, nous sommes allés les chercher très haut d’entrée de jeu et on savait qu’à l’usure, ils allaient craquer et c’est effectivement ce qui s’est présenté.

Votre attaquant Julien Kamta s’est montré étincelant avec un triplé. Pouvez-vous nous parler des qualités de ces joueurs ?

Kamta, c’est un joueur confirmé de l’Elite. Je crois que quand je venais dans cette équipe qui m’avait véritablement donné les assurances de jouer la Ligue 1, Kamta était parmi les joueurs que j’avais voulu propulser pour le CHAN. Il faisait partie de mes points forts sur lesquels j’entendais insister. Jamais je n’ai entrainé de joueurs qui ne soient retenus à un stade ou à un autre. Il a souvent été là, avant cette journée, il était parmi les meilleurs buteurs et je crois qu’aujourd’hui, il a augmenté son capital en buts. Nous leur demandons souvent d’être patients et je crois qu’aujourd’hui, ça a beaucoup payé pour lui.

Comment avez-vous vécu cette saison en Elite Two alors que vous étiez censés prendre part plutôt à l’étage supérieur ?

Pour vous dire, avec beaucoup de frustration, dans la mesure où, en venant, les autorités des Astres m’avaient donné toutes les garanties de jouer la Ligue 1, ce d’autant plus que je sortais de la deuxième division avec Bamboutos de Mbouda. Je sais ce que c’est que la deuxième division. C’est un enfer, c’est extrêmement difficile. Lorsque la décision est tombée de nous faire jouer en Ligue 2 malgré toutes les décisions de justice qui étaient en notre faveur, on a simplement demandé à nos joueurs de prendre patience et de jouer avec beaucoup de rancune, beaucoup de rancœur et c’est cette rancœur-là qui se matérialise et qui se présente sur le terrain. Ça a été une grande frustration de voir que dans la ville de Douala, on n’avait plus qu’Union et Avion, nos seuls représentants. Il fallait véritablement jouer. Par la suite, il y a eu cette déclaration du Président du Comité Technique Transitoire qui avait déclaré que les Astres allaient jouer en Elite One quel que soit leur position. Nous ne nous sommes pas contentés de cette déclaration parce que connaissant très bien notre pays le Cameroun où les décisions peuvent changer du jour au lendemain. On a essayé de mettre tout l’accent et je crois que vous-mêmes, vous voyez comment nous jouons tous nos matches avec tout ce que cela comporte comme adversité.

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