Auteur d’un  excellent match mercredi face au Cap-Vert, André-Frank Zambo Anguissa a une nouvelle fois renforcé son capital-sympathie auprès du public camerounais et renforcer par la même occasion son statut de cadre montant de la sélection. Dans un entretien que le milieu de Villarreal a bien voulu nous accorder, il revient sur sa prestation au cours de ce match et évoque par ailleurs la rencontre de dimanche sur le terrain du Rwanda à Kigali. Son début de saison exceptionnel en Liga avec Villarreal n’a évidemment pas été oublié.

Frank, on sort d’un match face au Cap-Vert qui était difficile pour l’équipe. Toi personnellement, comment tu t’es senti dans ce match ?

Tout d’abord, je dois souligner le fait qu’on n’a pas préparé le match comme il se devait parce que la majorité du groupe était assez fatiguée avec le voyage, avec le temps qui était assez serré. Je trouve que physiquement à un moment, ça a été difficile mais après, le groupe a su gérer le match. C’est vrai qu’au final, on ne gagne pas le match mais je pense que ce match a été contrôlé jusqu’à la fin. Moi personnellement, je suis quelqu’un qui donne tout sur le terrain pour ses coéquipiers, j’étais content de mon match, après, je suis quelqu’un qui fait prôner le collectif. Donc, tant qu’on ne gagne pas, je ne vais pas vous dire que j’ai été bon ou pas bon. Tout ce que je sais, c’est qu’on n’a pas gagné. Pour moi, le plus important, c’est le collectif et je sais qu’aujourd’hui on a besoin de victoire, on a besoin de victoire pour nous, pour ce pays qui aime tant le football. Je sais que ça va le faire, on a un groupe jeune avec un potentiel et un coach qui nous fait confiance, un coach qui est proche des joueurs, un coach qui sait se mettre à notre place, un coach qui connait le foot, qui a été footballeur, pour moi, c’est un truc qui aide beaucoup. Je ne me fais pas de soucis,   je sais juste qu’avec le temps ça va le faire. Je sais qu’on n’a pas eu le temps de travailler beaucoup, que ce soit à ce stage ou au dernier stage. Je sais qu’avec le temps, ça va se faire, on a des gens en face de nous qui donnent des idées, qui essaient de se mettre à notre place et on a un collectif qui a envie de lui rendre. Donc, je sais ça va se faire, c’est une victoire dont on a tant besoin, je sais qu’on la retrouvera.

Après le match, aussi bien le coach que le capitaine Eric-Choupo Moting ont déploré l’état de la pelouse, était-ce le cas pour toi aussi ?

Je vais les rejoindre parce que je sais ce n’était pas évident. On a une équipe qui avait beaucoup de qualités, qui pendant le match a su se créer des occasions. Mais après, je vais vous avouer que le terrain, il ne nous a pas vraiment aidés. A un moment, il fallait rester concentrés, le ballon, tu devais le fixer jusqu’à la fin, après, ça fait partie du football, on essaie de s’adapter… Mais c’est vrai que le terrain ne nous a pas facilité la tâche dans le sens que même à chaque fois qu’on avait un temps d’avance, on était obligés de se concentrer au maximum pour contrôler le ballon, un ballon que tu peux jouer en deux touches, tu vas la jouer en trois, quatre touches. Ça te fait perdre du temps et puis, l’adversaire revient. Oui, le stade ne nous a pas aidés, je suis d’accord avec mon coéquipier et mon coach.

L’on a aussi évoqué le temps très court que vous avez eu pour la préparation. Est-ce que cela n’a pas contribué à ce « mauvais » résultat ?

Mauvais, je ne dirais pas. Après, je ne vais pas revenir dessus, je sais qu’on a besoin de victoire, le camerounais aime gagner, nous aussi on aime gagner, on ne rentre pas  sur le terrain en disant : on va faire un match nul. Je sais, c’est bien d’être exigeant mais des fois, il faut savoir prendre le positif. Ce match nous a appris et je sais que grâce à ce match, on a grandi. Je suis d’accord avec vous parce que la plupart des joueurs ont joué dimanche, ils ont voyagé toute la journée de lundi, ils n’avaient que mardi pour s’entrainer et jouer le match mercredi. Ce n’est pas évident dans le sens où après un voyage, on sait comment le corps est fatigué. Tu as besoin de récupérer, tu as besoin d’être prêt pour le match. Je sais que le staff médical a fait un superbe travail parce que moi, franchement, je ne m’attendais pas à jouer 90 minutes mais on a tenu jusqu’à la 90ème minute. J’ai vu mes coéquipiers, même fatigués donner le meilleur d’eux. C’est pour ça que je ne dirais pas que le résultat est mauvais. Dans des conditions pareilles, pour moi, ce n’est pas mauvais. J’espère que pour les prochaines fois, on pourra mieux se préparer et je sais qu’avec le groupe qu’on a, on fera de belles choses.

Face à la Tunisie, vous avez joué avec un milieu à trois avec Arnaud Djoum et Kunde. On t’a senti plus dans un rôle de sentinelle. Mercredi par contre vous étiez deux dans l’entrejeu et je t’ai vu très souvent porter le jeu et aller vers l’avant. D’où la question : tu te sens réellement à l’aise dans quel poste en équipe nationale ?

Honnêtement, je me sens aussi bien en sentinelle qu’en 8 ou milieu relayeur comme vous dites. En club, je joue en milieu relayeur, à Fulham, je jouais en sentinelle, à Marseille, j’ai joué avec un milieu à deux, je sais que je suis milieu de terrain et j’ai la capacité à me projeter si je veux aller de l’avant, je sais que j’ai la capacité d’être plus défensif, de rester en sentinelle. Après, ça dépend de ce que le coach il attend de moi. Je suis un joueur de l’ombre, je suis au service de l’équipe et pour moi, c’est le collectif qui prône. S’il faut que je joue en sentinelle, en 8 ou en deux six pour que l’équipe soit bien, je m’adapte et je ne peux pas vous dire que j’ai une position préférentielle. Je suis un joueur du milieu de terrain et je peux jouer à tous les postes du milieu de terrain. Je pense que c’est une qualité aussi de pouvoir le faire. Pour le moment en club, je joue en 8. C’est le poste pour le moment où je me sens à l’aise, si je dois répondre à votre question. Mais si tu me demandes aussitôt de jouer en sentinelle, je ferais tout pour être le meilleur possible à ce poste-là.

Tu as conscience tout de même aujourd’hui de l’importance que tu as aux yeux des camerounais au sein de cette équipe, de l’attente qu’il y a autour de toi par rapport à ce que tu proposes déjà en club mais également par rapport à ce que tu proposes sur le match contre le Cap-Vert. Il y a le Rwanda qui arrive. Est-ce que tu as envie de prendre plus de responsabilité dans le jeu par rapport aux échéances qui arrivent ?

Je suis un joueur, je joue sans pression, je ne ressens pas la pression. La pression, ça te fait faire des mauvais matches. Je pense que pour un footballeur, le secret c’est la concentration. Je fais l’effort d’être concentré du début jusqu’à la fin à tous mes matches, que ce soit en club, que ce soit ici avec la sélection. Après, vous parlez de l’importance au sein de l’équipe nationale. Pour moi, tous les joueurs sont importants. Aujourd’hui, j’ai un rôle à remplir, je suis conscient et j’essaie d’être un leader naturel sur le terrain, c’est-à-dire, parler à mes coéquipiers, essayer de donner le meilleur de moi parce que je sais que si je suis bien, l’équipe elle est bien. Le milieu du terrain, c’est le cœur d’une équipe. Je me dis qu’en faisant le maximum possible, même si je suis fatigué, je me dois de courir. Même si je sens que mes jambes me lâchent, je ne dois pas abandonner l’équipe. A ce niveau-là, si vous me demandez si j’ai un rôle à jouer, je vous dis oui. Je suis le cœur de l’équipe et j’ai envie de tout donner pour que cette équipe marche bien. Après, à chacun son rôle sur le terrain. On a des attaquants qui doivent mettre des buts, des défenseurs qui doivent défendre et des milieux qui doivent faire le jeu et je sais que si on veut être coordonnés et travailler tous ensemble, c’est-à-dire que les attaquants nous aident à défendre, que les défenseurs nous aident à marquer, j’espère que vous comprenez ce que je veux dire. Pour moi, ce serait le secret pour continuer à gagner, à progresser dans notre préparation pour la CAN 2021. Comme je vous l’ai dit, pour moi, c’est le collectif qui prône et je suis sur le terrain, je veux tout donner pour l’équipe. Pour moi, c’est le plus important.

On va un peu parler de ta situation en club, si tu le permets. Tu découvres la Liga cette année mais on se rend compte que tu fais un début de saison fantastique. Qu’est-ce qui t’a rendu l’adaptation aussi facile dans ce championnat ?

Fantastique ? Je ne sais pas. Pour répondre à votre question, je pense que je suis le premier à être surpris parce que je ne pensais pas que ce championnat allait autant me plaire, c’est un championnat très technique qui joue très rapide. C’est des joueurs de ballon, après, le fait déjà d’être avec un camerounais là-bas, je ne vais pas vous mentir, ça m’aide au niveau de l’adaptation par rapport à la langue et tout. Karl m’aide beaucoup et puis, ça m’aide. Le fait aussi de jouer avec beaucoup de joueurs de qualité, il ne faut pas se mentir, ça aide aussi parce qu’on a un bon groupe, on a un groupe jeune avec du potentiel, qui joue ensemble. On a un coach qui essaie de nous parler, qui me fait confiance en ce moment, qui dès lors où je suis arrivé m’a montré qu’il voulait faire avec moi, m’a montré que j’allais être un élément important de son effectif et puis, on sait tous que pour un footballeur, la confiance, c’est important. Donc, je pense que c’est tous ces éléments-là qui m’ont permis aujourd’hui de faire ce début de saison. Après, la saison est encore très longue, j’espère qu’on fera la meilleure saison possible. Si je dois résumer tout cela, je dirai que c’est la confiance du coach, de mes partenaires, de voir un groupe qui croit en moi, qui veut m’aider, que ce soit sur ou en dehors du terrain. C’est plus facile quand tu as des gens qui t’aident.

Des objectifs personnels pour cette saison ?

Finir le plus haut possible au classement de la Liga avec mon club, essayer de mettre trois, quatre, cinq buts parce que je ne veux pas finir ma carrière sans mettre des buts aussi (rire…). Après, je suis un joueur de l’ombre comme je vous l’ai dit, ce n’est pas le plus important, le plus important, c’est le collectif mais c’est bien d’aider l’équipe en mettant de petits buts aussi.

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