Au cours de la conférence de presse donnée le jeudi 16 janvier 2020, le président du Comité Technique Transitoire (CTT) est revenu sur les revendications des présidents de clubs qui menacent de suspendre leur participation aux championnats. Le Vice-président de la Fédération camerounaise de football semble comprendre les difficultés soulevées par le Syndicat des Clubs d’Elite du Cameroun (SYCEC). Extrait de ses déclarations.

Sur le cahier des charges

Nous sommes en train de confectionner un cahier de charge qui va aller avec une espèce de contrôle de gestion des clubs pour qu’ils rendent compte des subventions qui sont mises à leur disposition. Et nous allons aussi, à travers ce cahier des charges, définir un niveau minimal de ce qui est acceptable pour ceux qu’on peut qualifier de clubs professionnels dans notre contexte. Nous sommes en train de travailler dessus pour que ceci soit effectif à partir du début de la saison prochaine. Vous comprendrez que dans l’état où nous avons commencé ce championnat, il n’était pas possible de mettre en place un tel outil pour le championnat actuel.

Sur l’absence de recettes

Je voulais dire, dans l’absolu, ce n’est pas le travail d’une fédération ni d’un Etat de financer les clubs. Tout le monde est d’accord là-dessus. Ceci étant dit, il ne faut pas nier aussi des problèmes qui sont évidents. C’est quoi les recettes d’un club, aujourd’hui partout dans le monde. Les plus importantes aujourd’hui, c’est les droits TV. Vous le savez, dans tous les sports professionnels, même hors du football, les droits TV constituent l’essentiel des recettes des clubs.  En avons-nous ? Non, pour le moment, nous n’en avons pas. Donc, il faut construire quelque chose qui va permettre de ramener les droits TV et il faut commencer quelque part. Etions-nous en position de le faire avant ? Je ne le pense pas, compte tenu de la qualité des infrastructures dans lesquelles nous évoluions. Aujourd’hui, on peut dire que d’ici à la fin de la saison, nous aurons des infrastructures qui constituent des théâtres où on peut avoir des matches qui sont vendables et qui sont diffusés et qui peuvent intéresser des diffuseurs TV. Donc, il faut travailler à construire une crédibilité en ayant une programmation suivie, qui ne soit pas anarchique, qui soit organisée puisque les opérateurs TV qui vont comprendre qu’aujourd’hui, nous avons des théâtres qui sont vendables, aujourd’hui,  nous avons une programmation qui est rigoureuse, qui est suivie, qui est respecté, on peut venir. C’est sur ça que nous travaillons et c’est possible. La deuxième grande source de recettes c’est quoi ? Il y a les recettes au stade. Est-ce qu’il y en a ? Il faut avoir l’objectivité de reconnaitre que beaucoup de nos stades où on peut avoir des recettes était en réfection,  pour le CHAN  et la CAN. Les clubs sont pratiquement privés de recette au stade pour cette saison. C’est un problème vérifiable et évident oui ou non ? Oui ! C’est pour ça quand même qu’on dit qu’il faut quand même qu’on les accompagne. Ce n’est pas une habitude mais il y a quand même une situation ponctuelle qui est réel et on ne peut pas l’ignorer. Après, les clubs étaient habitués à recevoir des subventions des pouvoirs publics depuis plusieurs années, parfois, ça fait l’habitude et certains pensent que l’habitude fonde le Droit. Mais de mon point de vue, la réponse entre ce problème est entre nos mains. Si ensemble, nous avons la capacité de ramener la crédibilité à nos compétitions, de ramener la sérénité, de sortir de la destruction permanente de notre image, nous allons intéresser de nouveau les sponsors et de ce que je vois, c’est déjà le cas, peut-être qu’ils me mentent mais ce que je vois, c’est déjà le cas. Si demain, on a un sponsor qui est déjà prêt à revenir l’année prochaine – je ne vais pas donner des chiffres ici sur les contrats qui ne sont pas signés parce que ce serait irresponsable de ma part et ça n’aurait aucun sens. Mais je peux vous dire que si le dossier du sponsor qui attend qu’on lui fasse une proposition de contrat aboutit, si on en a un ou deux autres qui viennent, on va soulager les pouvoirs publics, ils pourront économiser cet argent pour pouvoir investir sur un autre pan de notre société qui en ont bien besoin. Voici ce qu’on s’évertue à faire.

Sur le plan de soutien aux clubs

Je me considère dans une position en train de rendre un service au pays et aux clubs et je vous assure, j’ai suffisamment d’occupations pour faire autre chose quand j’aurai et j’espère le plutôt fini cette mission-là. C’est un problème qui concerne tout le pays. Regardez un club de football, n’importe comment, il y a au moins une centaine de personnes qui vivent autour : les joueurs, les entraineurs, les transporteurs… Si c’est bien géré et organisé… Aujourd’hui, avec la démographie qu’on a l’Etat n’a plus les moyens d’embaucher tout le monde pour être fonctionnaire. Il faut qu’on crée des points d’activités économiques qui vont générer de la valeur et permettre à la jeunesse de s’exprimer. Donc, vous voyez bien que ce n’est pas l’affaire d’une personne, il n’y a rien de personnel là-dedans. C’est une affaire générale, nous devons tous y participer, tous y contribuer et je vous assure que vous pouvez aussi y jouer un rôle central dans la manière dont nous allons donner une bonne image et des signaux positifs aux sponsors et aux opérateurs économiques.

Le salaire, ceci rentre dans le cadre d’un programme de la FIFA qui est le programme Forward 2.0. Ils seront là dans les prochains jours, ils devaient être là au mois de décembre pour que nous finalisions cela mais pour des contraintes de calendrier, ils n’ont pas pu être là. Ils seront là au courant de ce mois de janvier et aussitôt qu’ils seront là, ce dossier va également beaucoup évoluer.  Ceci dit, la Fédération n’a pas attendu d’avoir des accords nécessaires sur Forward 2-0 pour venir en soutien aux clubs. Nous les avons d’ailleurs soutenus et je pense que sans ces soutiens, la compétition n’aurait pas pu commencer et se rendre au point où nous sommes actuellement. Nous allons continuer à les soutenir à travers ce programme dès que ce sera finalisé.

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