Dans un entretien à bâtons rompus, Abdouraman Hamadou Babba, le président de la commission ad hoc chargée d’organiser les prochains championnats nationaux professionnels (2020-2021), répond du tic au tac à toutes les questions relatives à l’actualité de la ligue de football professionnel du Cameroun.   

Dans quelles conditions l’AG organisée par la LFPC s’est déroulée ce mardi, 27 octobre ?

Certes il y avait des incertitudes liées au quorum parce qu’il fallait absolument la présence d’au moins la moitié des 35 membres de l’AG, mais par la suite les travaux se sont déroulés dans la sérénité avec finalement la présence de 20 membres.

Quelles sont les grandes résolutions qui ont été prises à cette occasion ?

Compte tenu des vacances de postes constatées au sein du Conseil d’Administration de la LFPC, il fallait aller le plus rapidement possible vers une AG élective afin de les remplacer. Pour cela, il fallait modifier les dispositions de l’alinéa 4 de l’article 33 des Statuts de la LFPC qui imposait un délai minimal de 60 jours avant l’AG pour le dépôt des candidatures. Ce délai a donc été ramené à 12 jours au terme des travaux de la session extraordinaire du 27 octobre 2020. Au cours de cette session, dans l’intérêt supérieur de la Nation et celui du football camerounais, la LFPC a accepté de valider les résultats des championnats illégalement organisés par la FECAFOOT la saison dernière. Enfin le Règlement du championnat de Ligue 1 pour la saison 2020/2021 a été adopté.

Pouvez-vous expliquer simplement et clairement à nos lecteurs la sentence du TAS qui a réhabilité le Général Pierre Semengue à la tête de la ligue de football professionnel du Cameroun ?

Cette sentence a jugé illégale la suspension de la LFPC pour plusieurs raisons. Le juge a estimé que la faute n’était pas constituée dans la mesure où les Statuts de la FECAFOOT prévoient la suspension d’un membre seulement dans le cas où ce dernier venait à violer de manière grave et répétée les statuts de la FECAFOOT. Or la FECAFOOT n’a pas pu démontrer que la LFPC a violé les Statuts de la FECAFOOT et encore moins de manière répétée. Le juge a également estimé que le droit d’être entendu de la LFPC n’avait pas été respecté dans la mesure où elle n’a pas été convoquée devant l’AG du 17 octobre 2019 pour pouvoir se défendre. Enfin il a estimé que même si on admettait que la LFPC avait commis une quelconque faute, cela ne méritait pas une suspension qui est une sanction grave et disproportionnée.

Comment expliquer donc le fait que la Fédération Camerounaise de Football et son président Seidou Mbombo Njoya refusent de  se conformer à cette sentence du TAS qui l’institution suprême du sport international ?

Il faudrait peut-être leur poser la question. Les agissements des dirigeants actuels de la FECAFOOT dépassent l’entendement. Ils violent de manière délibérée, grave et répétée les Statuts de la FECAFOOT apparemment pour leurs intérêts personnels.

La LFPC a créé une Commission ad hoc pour procéder à l’organisation du championnat professionnel saison 2020/2021 ? Était-ce une bonne idée?

La Commission ad-hoc chargée de la préparation et du suivi des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 pour la saison 2020/2021 a été créée par la LFPC dans le but de permettre la reprise rapide et efficace des compétitions après quinze mois de suspension. Toutes les commissions permanentes de la LFPC concernées sont représentées au sein de cette commission ad-hoc ainsi que le Secrétariat Général de la LFPC. Je peux vous rassurer que cela a été fait dans le strict respect des dispositions des articles 46 et 60 des Statuts de la Ligue.

Quelle analyse faites-vous de cette fronde de certains présidents de clubs professionnels qui s’opposent à la légalité de la LFPC ?

Mon souhait est que les problèmes de la LFPC trouvent des solutions en interne sans l’ingérence indue de la FECAFOOT comme on le constate depuis déjà de long mois. C’est dans cette logique j’ai pu rencontrer le 26 octobre 2020, M. Franck Happi, M. Gaspard Owona et M. Nya Norbert respectivement présidents d’Union Sportive de Douala, de Renaissance de Ngoumou et de Fauve Azur Elite. Nos échanges ont été très riches et j’ose croire que nous avons pu trouver un terrain d’entente.

Les dissidents menacent de dissoudre la LFPC. Légalement est-ce possible ? 

Pour dissoudre la LFPC, les Statuts de la LFPC ont prévu une procédure à respecter. Cela prendrait au moins trois mois pour convoquer une session extraordinaire de l’AG à cet effet et il faudra ensuite que la proposition de dissolution recueille au moins les 2/3 des voix. A mon avis, au vu des discussions que j’ai eues avec les présidents des clubs que je viens de citer, cette question de dissolution de la LFPC ne devrait plus être à l’ordre du jour. Nous avons convenu d’aller de l’avant pour régler les problèmes posés dans les meilleurs délais possibles.

La tenue de l’AG qui avait pour but de dissoudre la LFPC a été interdite par le sous-préfet de Mbankomo. C’est un signal fort n’est-ce pas ?

Je ne saurai commenter cet acte de l’autorité administrative compétente qui a jugé utile de rapporter sa décision initiale.

Quelle est l’actualité de la commission ad hoc que vous présidez ?

Nous avons revu ligne par ligne les règlements des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 ainsi que les calendriers avec des dates précises de la première à la dernière journée. Nous sommes actuellement en train de travailler sur les conditions d’organisation et de déroulement des matches dans tous les détails sans oublier les aspects liés à l’homologation et les litiges éventuels. Nos difficultés actuelles résident dans le fait que certains responsables de la FECAFOOT continuent toujours de demander aux clubs de déposer leurs dossiers d’engagement à la FECAFOOT.

Pourquoi votre nomination à la tête de cette commission donne des sueurs froides à la FECAFOOT ?

Il faudrait peut-être leur poser la question. Moi je me concentre sur l’essentiel qui est d’aider la LFPC à organiser les championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 dans les meilleures conditions possibles.

Bien qu’il soit clair que votre nomination à la tête de cette commission ad hoc est due à votre expertise en matière de football et à votre efficacité, d’aucuns pensent qu’il s’agit d’un revirement. Avez-vous cette impression ?

A chacun de se faire sa propre opinion. Personnellement, je sais que je n’ai pas changé, c’est probablement la perception que certains avaient de ma personnalité qui a changé. J’ai toujours été du côté du droit et de la justice et je pense que ce sera comme ça jusqu’à ce que DIEU me rappelle.

A votre avis, pourquoi la FECAFOOT veut à tout prix nommer un secrétaire général à la LFPC ?

L’on voit bien qu’il y’a de la part des dirigeants actuels de la FECAFOOT une sorte d’obsession à reprendre ou à contrôler à tous les prix les activités de la LFPC. La nomination illégale du SG de la LFPC par la FECAFOOT n’est qu’une tentative de contourner la sentence du TAS du 14 septembre 2020 en isolant le Président de la LFPC. La tentative de contrôler le Conseil d’Administration de la LFPC vise le même objectif.

Si tout revient dans l’ordre, comment allez-vous organiser le championnat à quelques mois du CHAN 2021 qui est une échéance très importante pour le Cameroun ?

Nous comptons arriver à la 10ème journée du Championnat de Ligue 1 à la date du 13 décembre 2020. Nous pensons que ces 10 journées pourraient constituer la première partie de la préparation de la Sélection Nationale A’ pour la phase finale du CHAN dans la mesure où la quasi-totalité des joueurs sélectionnés ou à sélectionner évoluent en Ligue 1.

Comment entrevoyez-vous l’avenir  de ce feuilleton à rebondissements ?

Je suis optimiste, j’ai foi au dialogue et je pense que l’intérêt supérieur de la Nation prévaudra. Je profite de cette occasion pour humblement lancer un appel au Ministre des Sports et de l’Education Physique pour qu’il continue, comme il a su le faire jusqu’ici, de veiller sur le respect par les fédérations de la légalité républicaine.

votre mot de fin

Que la raison prévale désormais à tous les niveaux afin de permettre au football camerounais qui est l’un des footballs les plus forts au monde de reprendre sa vraie place et, pourquoi pas, d’être la première nation africaine à remporter une Coupe du Monde de la FIFA.

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