Dans un échange avec des journalistes africains réunis au sein du forum « Afrique Football Médias » sur Whatsapp, le Secrétaire Général par Intérim de la Confédération africaine de football (CAF) a répondu à plusieurs questions autour du CHAN Cameroun 2020, reporté sine die à cause de la crise liée au Coronavirus et de plusieurs autres sujets. Quelques questions-réponses de l’échange.

Monsieur le SG, quelles sont les garanties aujourd’hui que le CHAN se joue toujours en 2020 ? Et si le Coronavirus ne s’estompe pas, la CAF va-t-elle tenir le CHAN et la CAN en 2021 au Cameroun ? Ou c’est encore le clair-obscur ?

Nous n’avons malheureusement aujourd’hui, aucune garantie que le CHAN se joue en 2020. Espérons vraiment que dans les prochaines semaines, au plus tard dans les prochains mois, que cette crise soit derrière nous, qu’on ait tous passé le pic et que tout soit sous contrôle. Si à ce moment-là, on juge que toutes les conditions sont réunies pour jouer le CHAN, on le jouera en 2020. Aujourd’hui, le souhait de la CAF et des autorités camerounaises est qu’on ne prenne aucun risque et qu’on ne jouera que si les conditions sont réunies pour jouer dans les meilleures conditions. Autre élément pour répondre complètement à la question, aujourd’hui, c’est clair que le CHAN et la CAN se joueront au Cameroun. La question, c’est quand ? On essaiera autant que possible de jouer le CHAN en 2020 et la CAN en 2021. Mais concernant les dates aujourd’hui, rien n’est à exclure. Tout dépendra de l’évolution de la situation et notamment sur notre continent.

Quand est-ce qu’on jouera finalement les troisièmes journées des éliminatoires de la CAN 2021 ? En juin ou en septembre ? Et la CAN 2021toujours en début d’année, sachant que l’argument du glissement en janvier/février c’était principalement la météo ?

Pour l’instant, la CAN est toujours prévue en janvier-février 2021. Vraiment, la seule raison qui nous pousserait à décaler la CAN, c’est si la situation perdure sur l’année 2020 et que cette crise actuelle ne nous permet pas notamment de jouer l’ensemble des qualifications à la CAN. Nous avons encore quatre journées de qualification à joue. Nous pouvons les jouer deux par deux, donc, nous avons besoin de deux fenêtres internationales. Aujourd’hui, nous en avons quatre à notre disposition : juin, septembre, octobre, novembre. Donc, à ce stade, tout est possible. Si nous pouvons jouer en juin les journées 3 et 4, nous les jouerons. Sinon, nous les jouerons en octobre ou septembre ou en octobre et nous jouerons les journées 5 et 6 en novembre. En tout état de cause, la crise actuelle perturbe considérablement les calendriers, il y a un groupe de travail à la CAF qui justement essaie de travailler sur différents scénarios, sur différentes actions. Il y a un groupe de travail qui a été mis en place aussi au niveau de la FIFA, qui réunit l’ensemble des confédérations. Aujourd’hui, il est trop tôt malheureusement pour se prononcer sur les dates des prochaines journées de matches. Mais toutes les options sont sur la table. Pour l’instant, la CAN est toujours prévue en janvier-février.

Si la situation du Coronavirus ne s’améliorait pas avant la nouvelle saison, que fera la CAF concernant les coupes africaines des clubs et quel serait alors le manque à gagner pour ces clubs et la CAF sur le plan financier ?

Sauf à ce que cette crise dure six mois ou un an, les compétitions de clubs sont maintenus, elles seront probablement décalées, notamment pour permettre à différents championnats africains de finir et pour permettre aux clubs de pouvoir enregistrer leurs joueurs comme la situation actuelle impacte absolument tous les championnats africains. C’est quelque chose qui est quasiment acté aujourd’hui : décaler le début de la prochaine Ligue des Champions et de la prochaine Coupe des Confédérations. Pour l’instant, ce n’est qu’un décalage dans le temps avec toujours comme objectif, d’avoir des finales des prochaines éditions qui se joueront en mai 2021. On travaille notamment actuellement sur certains scénarios pour décaler le début de ces compétitions de clubs. Pour l’instant, on n’est que sur ce scénario : décaler le début des compétitions de clubs et de resserrer peut-être un tout petit peu le calendrier pour tout faire tenir et faire en sorte que tout finisse avant fin mai 2021. Si c’est bien le cas, l’impact financier sera nul et  notamment pour les clubs. On garde exactement le même price-money, on respectera au niveau de la CAF nos engagements vis-à-vis de nos partenaires. La CAF percevra les revenus prévus pour cette compétitions.

La prochaine finale de la Ligue des Champions se jouera au Stade de Japoma à Douala au Cameroun. Comment la CAF est-elle arrivée à ce choix. En quoi le Cameroun sera-t-il impliqué à l’organisation de cette finale ?

Nous avons lancé en début d’année, un appel à candidature pour la finale de la Ligue des Champions, et pour la finale de la Coupe de la Confédération et nous avions reçu trois dossiers : du Maroc, de la Tunisie et du Cameroun. La CAF avait mis en place une commission ad-hoc pour évaluer ses dossiers selon différents critères, notamment les stades qui ont été proposés, la présence ou non d’une garantie des autorités locales, la neutralité du stade proposé par rapport aux équipes qui sont aujourd’hui engagées, la disponibilité des hôtels, la disponibilité des terrains d’entrainements, l’état des infrastructures, la disponibilité d’un aéroport à proximité de la ville hôte et la disponibilité d’hôpitaux. Sur la base de ces différents critères, le comité ad-hoc a considéré que la meilleure proposition venait du Cameroun, avec le stade de Japoma à Douala. Cette proposition a été validée par le Comité d’urgence de la CAF. Pour répondre à la deuxième partie de la question, à savoir en quoi le Cameroun sera impliqué à l’organisation de cette finale, comme toute fédération hôte, la fédération du Cameroun s’est engagée à respecter le cahier des charges de la CAF, que ce soit en termes de sécurité, pour les aspects commerciaux, sur certains nombres d’éléments à prendre en charge financièrement. De son côté, la CAF s’est aussi engagée à prendre un certain nombre d’éléments à sa charge, comme la production télé, comme une cérémonie lors de cette finale-là. Tout a été clairement défini dans l’accord-cadre entre la fédération et la CAF.

Que fera la CAF pour certains pays qui se sont endettés vis-à-vis de certains partenaires pour mener à bien ses compétitions aujourd’hui incertaines, à l’instar du Cameroun ?

C’est vrai que la crise met un certain nombre d’organisations et d’Etats dans des situations financières compliquées. Aujourd’hui, concernant notamment le CHAN et le Cameroun, on n’envisage qu’un report et on espère un report dans les prochains mois et on espère que la compétition se jouera en 2020. Dans ce sens-là, on a bien évidemment discuté  avec le COCAN  qui est en charge d’organiser le CHAN et la CAN, les autorités camerounaises et clairement, on essaiera de faire en sorte que l’impact financier soit le plus faible possible mais tout dépendra de la période  à laquelle on rejouera cette compétition. Pour l’instant, on espère que le CHAN se jouera dans les tous prochains mois, ce qui limitera l’impact financier et le cas échéant, on réfléchira à des solutions si jamais cette crise allait se prolonger.

Un CHAN en juin-juillet est-il envisageable pour la CAF ? Si non, une délocalisation hors zone tropicale peut-elle être étudiée pour maintenir la compétition en 2020 ?

Un CHAN en juin-juillet, aujourd’hui, ne nous semble pas envisageable pour deux raisons : tout d’abord, les conditions climatiques et d’autre part, juin, ça nous semble beaucoup trop proche pour prendre le risque de réorganiser avec tout ce que cela implique, avec une compétition comme le CHAN qui demande beaucoup de préparation en amont. Juin-juillet, ce n’est pas envisageable et il n’y a pas de délocalisation non plus à l’étude. Aujourd’hui, le CHAN sera bien joué au Cameroun, on espère, en 2020.

Où en est-on dans le choix du pays hôte de la CAN féminine qui est censé avoir lieu à la fin de cette année ?

Deux candidatures ont été présentées pour la CAN féminine lors du dernier Comité exécutif à Doha mi-février. Ce sont notamment les candidatures du Nigéria et de la Guinée Equatoriale. Nous avons estimé aujourd’hui que ces deux candidatures-là n’étaient pas complètes. Nous avons demandé à ces deux pays de fournir quelques éléments supplémentaires pour compléter leurs deux candidatures. La décision devait être prise lors du prochain comité exécutif fin avril et comme le Comité exécutif a été repoussé, pour l’instant, il n’y a pas de date pour ce nouveau comité exécutif. Bien évidemment, au niveau de l’administration, nous suivons cela de près et n’hésiterons pas à relancer le Comité exécutif voire le Comité d’urgence et si le Comité exécutif n’arrivait pas à se réunir dans les prochaines semaines concernant ce point bien précis.

CHAN 2020 : Quand le Cameroun voulait à tout prix organiser le CHAN

El JO 2021 : Nchout Njoya Ajara contre la démarche d’Alain Djeumfa

Share This