Antonio Conceiçao : «Nous sommes en train de construire une équipe pour la CAN »

En conférence de presse jeudi soir à Douala, capitale économique du Cameroun, le patron de l’encadrement technique des Lions Indomptables s’est entre autres exprimé sur la préparation du match de dimanche face au Rwanda à Kigali. Le moins que l’on puisse dire c’est que la faible connaissance de cette formation et le fait que le match se jouera sur une pelouse synthétique constituent des éléments embarrassants pour  le staff technique. Le technicien portugais et ses collaborateurs entendent néanmoins développer toutes les aptitudes possibles pour parer à toute éventualité.

Après deux matches, vous avez un bilan de 0 but marqué et 0 encaissé. Peut-on dire que vous êtes satisfait de votre défense et où en êtes-vous avec le chantier de l’attaque ?

En effet, comme vous le savez, on est en train de construire une équipe des Lions Indomptables pour la CAN, c’est un projet qui prend son temps, comme vous le savez tous, on a à peine reçu de nouveaux joueurs et après, bien entendu, pour que le chantier avance vers l’avant, on a besoin de temps et de travail. Malheureusement, au jour d’aujourd’hui, comme vous le savez, le temps et les entrainements ont été très peu. Il faut qu’on travaille et pour ça, on a besoin de temps. C’est vrai qu’en ce moment, on a une bonne capacité défensive, en deux matches, on n’a pas pris de but. Sur le plan défensif, je suis satisfait mais sur le plan offensif, ça prend du temps à travailler, le temps aujourd’hui, on ne l’a pas, il y a des dynamismes, il y a des stratégies qu’on doit peaufiner entre nous  pour pouvoir arriver au but, c’est notre objectif et pour ça, comme je vous le dis, il faut qu’on garde les automatismes, qu’on travaille. Sur les deux matches face à la Tunisie et face au Cap-Vert, c’est vrai, on n’a pas marqué mais je suis satisfait parce qu’on a eu un gros volume offensif. Encore hier (mercredi, NDLR), on a quatre opportunités pour marquer, il nous a manqué d’efficacité. Sur les deux matches, on crée pas mal d’occasions, on ne marque pas, c’est vrai mais si on n’arrivait pas à créer des occasions, là, ça me poserait des problèmes. C’est juste qu’il nous manque un tout petit peu l’efficacité devant les buts. Les occasions, on les crée, à nous d’être plus efficaces tout simplement. Ce n’est pas facile pour les joueurs, des personnes qui ont joué au football savent de quoi je parle. Sur l’état des terrains qu’on a eus en Tunisie et hier, ce n’est pas facile d’avoir de la créativité et d’avoir les meilleures conditions pour que les attaquants puissent aussi marquer leurs buts.

Mercredi, vous avez joué avec quatre joueurs à vocation offensive. Est-ce qu’on va dire que c’est votre plan de jeu ou alors vous avez voulu expérimenter quelque chose parce que vous avez déjà une bonne assise défensive… c’est quoi l’idée derrière ?

Hier, par rapport au match face à la Tunisie, on a changé le système de l’équipe. Tout simplement, on a osé mettre un joueur plus offensif, trois attaquants plus un pivot offensif qui était sur ce cas, Choupo Moting avec deux organisateurs de jeu qui étaient chargés de créer et transporter le jeu à savoir : Pierre Kunde et Zambo Anguissa. L’idée, c’était de donner plus de créativité offensive à l’équipe. Si on savait d’entrée de jeu que le Cap-Vert venait ici jouer avec un bloc compact et très bas, en laissant très peu d’espace et en étant très agressif et en nous coupant les lignes de passes. L’idée avec cette équipe offensive c’était de la créativité pour pouvoir créer plus au niveau offensif, il est vrai qu’il nous a manqué un peu de profondeur au niveau du jeu mais ce que je vous dis, le plus dur au niveau du football c’est le jeu offensif et pour ça, on a besoin de temps… Pour ceux qui comprennent le football, on savait que le Cap-Vert venait jouer sur notre erreur et en contre-attaque, nous on a pris ce risque-là  et tout simplement, on a essayé de faire pour le mieux… En deuxième mi-temps, on a encore pris des risques, on a encore mis des joueurs offensifs et on a eu un petit peu de difficultés au fil du match, nos lignes se sont espacées et on a eu peu de capacités principalement au niveau de la zone du milieu de terrain pour pouvoir contrarier tout cela. Tout entraineur, en fonction des caractéristiques des joueurs, on travaille toujours deux systèmes de jeu. En Tunisie, on a joué dans un 4-3-3 normal, classique et hier, on a joué avec quatre défenseurs, deux milieux de terrain, deux ailiers, un avant-centre et un 9 et demi. On a voulu prendre des risques et c’est ces deux systèmes-là qu’on a voulu travailler tout simplement, même pour un futur en fonction des caractéristiques des joueurs qu’on a.

Parlant du match de dimanche face au Rwanda, qu’est-ce que vous savez de cette équipe rwandaise. Est-ce que c’est facile de préparer un match comme celui-là face à un adversaire qui ne représente pas grand-chose sur l’échiquier du football africain ?

Nous on a beaucoup de préoccupations aussi et on cherche le maximum d’informations possibles sur tous nos adversaires. C’est pour cela qu’on a un gros staff technique avec plusieurs éléments et chacun a sa fonction. L’une des fonctions qu’on a dans notre staff technique, c’est l’analyse, l’analyse des adversaires aussi bien sur le plan collectif qu’individuel. Grâce à différentes plateformes, on a accès à plusieurs informations, même sur les réseaux sociaux, on essaie d’avoir le maximum d’informations pour pouvoir transmettre tout ça à nos joueurs. La préparation pour affronter le Rwanda a été faite de la même manière que pour d’autres équipes, on va là-bas jouer sur un terrain synthétique qui va rendre notre jeu difficile. Les équipes qui aiment prendre le jeu en main, qui aiment bien construire, ont souvent des difficultés à jouer sur le synthétique. Mais j’ai amplement confiance en mes joueurs, à tout le groupe, on va faire un bon match et on va gagner.

Après deux matches, est-ce qu’on peut dire que vous avez déjà une idée du squelette que vous voulez construire pour les Lions Indomptables ?

Oui, c’est vrai que j’ai déjà une idée pour aujourd’hui et pour le futur. On a déjà un squelette  de base. Nous on travaille beaucoup ici pour la sélection mais lorsque les joueurs repartent dans leurs clubs, on fait un gros travail d’analyse et d’observation pour suivre les joueurs tout d’abord et aussi pour voir si on peut découvrir des joueurs qui nous ramènent leurs caractéristiques, quelque chose de différent qu’on n’a pas aujourd’hui. C’est un gros travail qu’on est en train de faire, on a une grosse liste de joueurs. Le squelette est bien là.

Est-ce que la préparation du match contre le Rwanda ne vous inquiète pas vu le temps qui vous est imparti ?

C’est très évident que le facteur de la récupération des athlètes est très important pour nous, si les joueurs n’ont pas récupéré physiquement, ils ne peuvent pas jouer au foot. Le calendrier des matches, ce n’est pas la fédération qui programme, c’est la CAF. Par rapport au match du Cap-Vert, il y a beaucoup de joueurs qui ont joué le dimanche dans leurs clubs, ils ont voyagé pour la plupart le lundi, d’autres sont arrivés mardi. Donc, ça c’était un espace très court. Mais ça, ce n’est pas qu’une histoire du Cameroun, beaucoup de sélections africaines ont les mêmes problèmes que nous. C’est la CAF qui conçoit les calendriers, la fédération a fait le nécessaire pour gagner 24 heures de récupérations, décaler le match, malheureusement, ça n’a pas été le cas, ça a été refusé. Par rapport à ces trois jours, on essaie de faire un travail de récupération active avec les joueurs, aussi tactique… Samedi, on va s’entrainer à Kigali, on ne pourra pas montrer la stratégie à l’adversaire tout simplement, on va essayer de la travailler ici demain. C’est les conditions qu’on a, c’est à nous de nous adapter et aussi à nous d’avoir de la créativité pour passer ces barrières-là aujourd’hui.

Mardi à Yaoundé, on a eu la surprise de voir John Mary alors qu’il ne figurait même pas sur votre liste d’attente. Que s’est-il réellement passé avec ce cas  qui a quand même suscité une polémique ?

Déjà, sur un premier rapport, on fait une liste de 34 – 35 joueurs. Dix jours avant le match officiel, il faut qu’on donne la liste des 23. Et dans cet espace-là, comme vous pouvez bien comprendre, les joueurs ils sont en compétition dans leurs clubs. Et lorsque les joueurs sont en compétition, ils peuvent contracter des blessures, il se peut aussi que certains joueurs ne peuvent pas venir, tout simplement et là, il faut faire recours à la liste des 35. D’où la solution qui est là. Que ça soit une chose bien claire devant tout le monde ici, la liste des joueurs convoqués, c’est moi qui l’ai faite, personne d’autre. Ça, il faut que ça soit bien clair dans vos têtes. Tant que je serai le sélectionneur de cette équipe, ça sera comme ça.

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